Une plongée technique en carrière

En cette période hivernale, au sein du GEASM, mon club de plongée, nous continuons à plonger pour préparer techniquement les stagiaires Guide de Palanquée inscrits à la formation départementale, avec l’objectif de les amener à se présenter au stage final et à l’examen pour juin 2020. Ce dimanche 9 Février, ce sont deux d’entre eux, A. et J. qui ont décidé de venir tremper leurs palmes et s’astreindre à subir les « turpitudes » imposées par leurs moniteurs ! L’objet de ce billet est donc de narrer le déroulement de cette journée pour peut-être (sait-on jamais) vous donner envie de vous lancer dans l’aventure du Niveau 4 ou au moins de vous bouger pour aller plonger en eau fraîche !Je me lève donc aux aurores afin d’être au rendez-vous pour retrouver les copains et copines à la carrière de Questembert, bien connue des plongeurs de Loire-Atlantique et du Morbihan. Je passe chez mon ami C. qui habite sur la route et nous partons de chez lui vers 08h15 afin de retrouver les plongeurs courageux à la carrière. Le rendez-vous, fixé par C. est à neuf heures. Nous retrouvons nos stagiaires à l’heure, ainsi que quelques courageux explorateurs qui ont eu la hardiesse de se lever pour venir braver les éléments. En effet, en ce dimanche 9 février 2020, la tempête Ciara arrive aux abords des côtes françaises… Dans le département du Morbihan, on n’en ressentons que la traîne, mais les vents sont déjà violents ce matin ! Il est donc très sécurisant de pouvoir plonger dans cette carrière !

Nous mettons en place le bloc de secours, ainsi que la « caisse de sécu » dans laquelle nous prenons soin de vérifier que le bloc d’O2 est prêt à l’emploi avec la durite branchée,e t un masque à haute concentration gréé.

Nous effectuons le briefing pour les explorateurs, et une fois que ceux-ci sont partis buller, nous nous concentrons sur nos stagiaires et nous leur expliquons le programme de la matinée. L’eau est un peu fraîche ce matin (10 °C en surface), aussi nous proposons à J. et A. de s’échauffer avec 15 minutes de nage en « P.M.T. » (Palmes / Masques / Tuba). Nous ne fixons pas d’objectif de temps ni de performance, juste bien travailler sa technique de nage, faire attention à sa glisse, et bien se concentrer sur sa trajectoire. Pour ce faire, je rappelle quelques « trucs » pour prendre ses répères en nageant, par exemple tous les trois mouvements de crawl, appuyer un peu plus et en profiter pour relever la tête afin de reprendre un amer au rivage.

Après cet échauffement, nous proposons à nos deux amis, d’effectuer 15 minutes de nage capelée, de même nous ne fixons aucun objectif particulier, si ce n’est de porter attention à sa technique personnelle. Nous en profitons pour « inspecter » l’équipement de nos « paddawans » et les aidons à supprimer tout ce qui peut augmenter la trainée dan l’eau et donc rendre la motricité plus difficile, tout au moins augmenter l’effort à fournir pour se déplacer.

Enfin, après cette mise en jambes, nous travaillerons avec eux l’épreuve de « Démonstration Technique de Maîtrise de la Remontée gilet de 25 mètres » (DTMR) suivie d’une simulation de l’épreuve de « Guide de Palanquée » (Briefing/Explo/Débriefing). Nos deux stagiaires acceptent de relever le défi de ce programme, et s’équipent pour l’échauffement en libre. Notre ami R., stagiaire MF1, venu avec nous pour observer la manière dont nous conduisons la séance part nager avec J. et A. pour assurer une sécurité rapprochée dans l’eau.

La DTMR est une pure épreuve technique, et est décrite de la façon suivante dans le manuel de formation technique :

Description

  • La DTMR est la démonstration technique d’un savoir-faire : maîtriser l’utilisation du gilet et la gestion ventilatoire pour assurer une vitesse de remontée aussi précise que possible dans une situation dégradée, sans pour autant se focaliser exclusivement sur un instrument.
  • À l’inverse de l’épreuve N° 5 (Intervention sur un plongeur en difficulté à 40 mètres), cette épreuve n’a pas pour objectif de refléter la réalité d’une situation d’assistance à un plongeur en difficulté. L’évaluation est donc axée sur des critères techniques.
  • Le support de cette épreuve est une remontée en assistance sur signe « panne d’air » de l’examinateur et la descente ne donne pas lieu à une évaluation.

Déroulement

  • L’épreuve se décompose en deux phases :
    • Une phase de maîtrise de la remontée, évaluée sur 16 points.
    • Une phase de stabilisation et de sortie du parachute, évaluée sur 4 points.
  • Première phase :
    • Départ stabilisé à une profondeur de 25 m en pleine eau.
    • Sur un signe « panne d’air » de l’évaluateur, le candidat présente son détendeur de secours, puis engage une prise en charge et une remontée vers la surface.
    • Seul le candidat doit intervenir pour gérer la remontée, l’évaluateur (l’assisté) n’intervient pas et se contente d’avoir une attitude neutre.
    • Le début de la remontée peut être assez rapide sur quelques mètres (de l’ordre de 3 mètres), puis la vitesse doit être rapidement maîtrisée.
    • L’information « vitesse de remontée » peut être prise à l’aide de tout moyen (instruments, bulles, etc.).
    • Effectuer un arrêt franc à 6 mètres (+/- 1 mètres), puis engager un tour d’horizon avec maintien du niveau d’immersion.
    • Maintenir la profondeur jusqu’au signe « fin d’exercice » de l’évaluateur.
    • Puis le couple candidat / jury se désolidarise et chacun reprend son détendeur principal en bouche pour passer à la deuxième phase.
  • Deuxième phase :
    • Tout en maintenant le niveau d’immersion à une profondeur de 6 m, le candidat sort son parachute et le gonfle avec son détendeur de secours.
    • Remonter à la profondeur nécessaire à la bonne exécution de la décompression. Si aucun palier n’est nécessaire, un minimum d’une minute à 3 mètres doit être réalisé pour évaluer la stabilisation du candidat.
    • Assurer la gestion de la décompression de la palanquée et du retour surface, moment où l’épreuve prend fin.

Évaluation

  • Première phase :
    • Au fond : capacité à maintenir une profondeur de façon précise, à l’aide de la ventilation et du gilet.
    • Lors du décollage : capacité à entamer la remontée sans délai.
    • Au cours de la remontée :
      • Maîtrise de la vitesse de remontée.
      • Maîtrise des moyens utilisés :
        • absence d’utilisation des palmes comme moteur de remontée (seule une correction de position ou de stabilisation du couple assistant / assisté est admise),
        • absence de regonflage d’un gilet (particulièrement celui de l’assisté),
        • maîtrise de la ventilation pour la régulation fine de la vitesse.
      • Maîtrise des moyens utilisés pour contrôler la vitesse de remontée : pas de focalisation sur un moyen ou un autre (ordinateur, bulles).
    • À l’arrivée à 6 m :
      • Maîtrise de la réalisation du tour d’horizon : tour complet stabilisé, regard vers la surface.
      • Maitrise du maintien de la profondeur à 6 mètres, jusqu’au signe « fin d’exercice » de l’évaluateur.
  • Deuxième phase :
    • Maîtrise de la profondeur à 6 mètres maximum durant le lâcher du parachute, puis à la profondeur de 3 à 5 mètres une fois le parachute sorti.
    • Durée nécessaire pour la mise en place du parachute.
    • Utilisation du détendeur de secours pour le gonflage du parachute.
    • Quantité d’air insufflée dans le parachute apte à une signalisation efficace en surface.
    • Capacité à assurer une gestion de la décompression de la palanquée adéquate, et un retour surface en sécurité.

Sont éliminatoires (note inférieure à 5) :

  • À tout moment, remonter ou redescendre de plus de 2 m.
  • Regonfler son gilet plus de 2 fois.
  • Remonter à moins d’un mètre de la surface.
  • Tout comportement impactant la sécurité.

Je rappelle en détail le contenu de l’épreuve à A., avec qui je plonge, et lui indique que nous effectuerons deux remontées, et que seulement au bout de la deuxième, il passera à la seconde phase de l’épreuve et enverra le parachute. Nous descendons donc dans l’obscurité de la carrière, et arrivés et stabilisés à 25 mètres, A. entame l’épreuve immédiatement. L’eau est à 8 °C à cette profondeur, j’apprécie beaucoup de plonger en étanche ! Mon élève effectue ses deux remontées, puis envoie le parachute et nous revenons au bord. Nous nous déséquipons, et nous nous mettons à l’abri de la pluie. Je débriefe l’épreuve, avec R. qui nous a accompagnés comme serre-file. Le profil de cette plongée est disponible ici

Je propose donc à A. de passer à l’épreuve de Guide de Palanquée, le sujet qu’il a préalablement préparé est  le sujet #16 :

  • Plongeur titulaire du PE40, il a 50 plongées à son actif.
  • Sa dernière plongée remonte à l’année dernière.

Après son brief, nous nous immergeons pour simuler l’exploration, puis nous revenons à la rive, et nous nous déséquipons avant de débriefer ensemble la plongée. Je profite de la présence de R. en serre-file pour bénéficier de son regard extérieur pour aider au constat des points à améliorer (qui ne sont pas nombreux !). le profil de plongée est disponible ici.

Après cette matinée intense, il est déjà 12h30, nous nous retrouvons sous l’abri aménagé par les bénévoles, et nous prenons un casse-croute ainsi qu’une boisson chaude pour bien nous réhydrater, et nous échangeons sur nos futures plongées ! Tout le monde repart avec le sourire, nous sommes tous contents d’avoir pu faire des bulles, et ce malgré les conditions climatiques un peu difficiles !

J’espère que ce rapide compte-rendu vous aura aidé à démystifier ce qu’est une session de plongée technique Niveau 4 – Guide de Palanquée. J’espère aussi que cela vous aura peut-être donné envie de vous « jeter à l’eau » pour vous lancer dans cette formation intense mais inoubliable ! N’hésitez à m’apporter vos commentaires, je vous remercie par avance de vos retours !

 

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