Les plongées qui m’ont marqué

En cette période d’épidémie, je passe mes journées en télétravail, Top 10et de fait, je plonge assez peu (pour le moment). Je prévois de passer quelques jours dans le sud de la France prochainement et j’espère pouvoir y tremper mes palmes, notamment avec ma fille L., qui a posé ses valises il y a maintenant quatre ans sur les bords de la Méditerranée. Pour patienter, je me replonge dans mon carnet de plongées, et je tente de me rappeler les bons moments ainsi que les plongées qui ont été moins agréables… Je vais donc dans ce billet vous proposer un florilège des dix plongées qui m’ont le plus marqué. Je n’ai pas dans l’idée de sortir du chapeau exclusivement des plongées du bout du monde (même si il y en a), d’autant plus que la situation sanitaire mondiale va certainement influer sur notre manière d’aborder les fonds et les voyages. Comme toujours, je vous invite à apporter des commentaires à mes choix forcément subjectifs !
Je n’ai pas dans l’idée de proposer un « Top 10 » ordonné et classé de la moins à la plus spectaculaire, mais plutôt un inventaire à la Prévert des souvenirs qui se bousculent. Je vais donc lister les plongées dans l’ordre chronologique, de la plus ancienne à la plus récente. Je vais aussi tenter de relater les faits avec la plus grande objectivité, et je vous demande aussi, l’indulgence pour des comportements que vous pourriez juger inadaptés. Je ne cherche pas non plus le sensationnel, juste partager avec vous, et avec beaucoup d’humilité ces souvenirs, gravés profondément dans ma mémoire.

La toute première plongée dont je me souviens est celle de ma validation de mon Niveau 1 (« Brevet élémentaire » comme on disait à l’époque). C’était l’été 1978, j’avais 14 ans. Mes parents et moi étions revenus vivre en Bretagne, en baie de Morlaix plus précisément, et je m’étais mis à la plongée grâce à mon entourage. La plongée en question s’était déroulée à marée haute dans le port d’échouage du Diben, à Plougasnou. J’avais réalisé les exercices attendus à l’époque (Vidage de masque, décapelage / recapelage, réactions aux signes et à la panne d’air, …) puis une petite exploration dans le port le long de la grande cale. J’avais été émerveillé par les étoiles de mer, les crabes, et la multitude de petits poissons dont je ne connaissais pas le nom à l’époque ! Quelle fierté en ressortant de l’eau au milieu des touristes qui regardaient les « homme-grenouilles » comme des extra-terrestres !

A l’été 1980, je plonge assez assidûment avec une bande de plongeurs aguerris, notamment J.L. qui n’est autre que celui qui m’a amené à la plongée, et une joyeuse bande de plongeurs belges qui viennent tous les étés plonger e nbaie de Morlaix. Nous utilisons comme bateau de plongée le « Kenavo », barque bretonne avec un moteur 4 temps Yanmar qu’il faut démarrer à l’enrouleur ! Pour cette plongée c’est le site de Stolvezen au nord de Carantec. Nous plongeons le long des chaînes posées sur le fond à la recherche des ancres à jas qui tenaient l’ancienne bouée rouge. En fin de plongée, je fais signe à mon guide que je viens de passer sur réserve, il m’indique alors de remonter seul, car il lui reste de l’air dans son bi-bouteille 2x12litres . Je remonte donc à la palme en faisant attention à bien expirer (le gilet stabilisateur n’existe pas à l’époque, seuls les guides ont une bouée fenzy), je fais un palier de sécurité et je fais surface. Je me rends compte que je suis seul, pas de Kenavo à l’horizon ! En fait il est à plusieurs centaines de mètres en train de récupérer d’autres plongeurs. Je reste plusieurs minutes en palmage de sustentation, bras tendus vers le haut . Je commence à envisager de larguer mes plombs quand le bateau me voit enfin et se dirige vers moi. Je suis hissé sur le bateau, et je m’écroule sur le pont tellement je suis épuisé…. Bien entendu, ces comportements sont à bannir 😉

En avril 2003, après m’être remis à la plongée et revalidé mon niveau 2 (j’avais passé mon « 1er échelon » en 1981), nous partons en famille rejoindre uncouple d’amis et leur jeune fils pour des vacances dans l’archipel maltais. Je suis à l’époque le seul plongeur de la famille (ma binôme préférée n’a pas encore commencé la plongée, et mes 2 filles sont encore trop jeunes, quoique fascinées par mon équipement de spationaute !). Nous passons quelques jours à Marsalforn sur l’ile de Gozo, et un après-midi sur la plage de Mgarr-Ix-Xini, je croise un centre de plongée qui vient faire des baptêmes. C’est le Calypso Diving Centre, basé lui aussi à Marsalforn. Nous convenons de nous retrouver le lendemain matin à leur local pour une plongée matinale. Le lendemain, alors que je me présente au comptoir, Georges Vella, le patron contrôle mes papiers et mon carnet de plongée et valide ma participation pour la plongée du « Blue Hole » à Dwejra sur l’ouest de l’ile. Ce saut dans un piscine pour passer dans la mer par une faille et ensuite passer en-dessous de « Azure Window » (qui s’est écroulée dans la mer depuis) et terminer dans un tunnel vertical m’a laissé un souvenir inoubliable. Dans mon carnet de l’époque, j’avais écrit le mot « MA-GNI-FI-QUE ». J’ai replongé plusieurs fois à Gozo ensuite, avec toujours autant de plaisir !

En avril 2007,  ma binôme préférée est devenue une plongeuse aguerri, et pour fêter nos 15 ans de vie commune, nous nous offrons une semaine de croisière avec un jeune centre français « Anthias Plongée ». Serge et Isa louent à l’époque un bateau (le « Princess Diana »). C’est pour nous la découverte de la Mer Rouge et de sa magie. Le samedi soir (premier jour de croisière) nous arrivons sur le mouillage au-dessus du mythique « Thistlegorm ». Il se trouve que les arrivées sur le bateau se sont effectuées jusque très tard dans la nuit du vendredi au samedi, ce qui fait que Isa est très fatiguée et ne se sent pas de plonger pour aller amarrer les élingues sur l’épave afin de sécuriser le mouillage de notre bateau. Serge vient alors vers moi et me propose, si je suis d’accord et du fait que je sois « Niveau IV », d’aller amarrer le bateau sur l’épave. J’accepte avec des étoiles plein les yeux ! Il s’agit donc de d’amarrer 6 élingues métalliques sur l’épave à l’aide de grosses manilles. Nous enchainons donc plusieurs descentes dans le bleu de nuit pour amarrer à deux les câbles d’acier. Ma toute première plongée sur le Thistlegorm aura donc été de nuit avec ce privilège rare !

En octobre de la même année, nous passons quelques jours en villégiature à Fréjus, et profitons du séjour pour effectuer quelques plongées avec un des gros centres de plongée existant : le CIP. Pour cette plongée on nou emmène sur un très joli caillou : « La Roche à Sica ». Ce sec culmine à 25 mètres et tomber jusqu’à 41 mètres, offrant une belle plongée profonde et pas trop saturante. Nous devons plonger en binômes S. et moi. Quelques minutes avant de nous immerger, la DP vient me voir  en me fait savoir qu’elle a un problème d’oreille depuis le matin, et que de ce fait il est possible qu’elle puisse ne pas réussir à descendre. En conséquence, elle me demande si ça ne me dérange pas de prendre ses 2 plongeurs niveau II dans notre palanquée au cas où… J’accepte, mais je n ‘ai matériellement pas le temps d’échanger avec ces 2 plongeurs avant de nous immerger. Nous nous retrouvons à 3 mètres et j’ai la confirmation que ses oreilles sont récalcitrantes, je fais signe aux 2 plongeurs de nous rejoindre. J’ai passé cette cette plongée à les surveiller comme le lait sur le feu, surtout quand j’ai vu que l’un respirait sur l’octopus de l’autre… fort heureusement, il n’y a pas eu d’incident, la plongée s’est bien terminée, et ces 2 plongeurs méditerranéens étaient ravis d’avoir pu plonger grâce à nous ! Depuis lors, quoi qu’il arrive, je prends toujours le temps d’échanger avant l’immersion !

Lors de la traditionnelle sortie club de l’Ascension en 2008, nous partons plonger dans le bassin d’Arcachon. La dernière plongée est reséervée à des plongeurs confirmé et se déroule sur le Chariot. Cet engin a chenilles est une plongée fabuleuse tant la vie déborde sur le site. Je plonge avec S., ma binôme et préférée, et nos amis A. (niveau IV comme moi) et R. sa compagne. Nous convenons de faire deux palanquées distinctes mais qui plongent en proximité. Avant de nous immerger, Stéphane (notre DP) me demande qu’à la fin de notre plongée, je gonfle le parachute de relevage pour aider à remonter le mouillage. J’accepte bien volontiers.  Nous effectuons une très belle plongée et observons une multitude congres en pleine eau… Mais nous ne retrouvons pas le mouillage. Nous effectuons une remontée en pleine eau et, miracle, nous trouvons la corde ! Je ne sais toujours pas ce qui m’est passé par la tête, mais toujours est-il que je confie S. à A. et R. et entreprend de redescendre seul à 30 mètres pour gonfler le parachute. Arrivé au fond, je gonfle la vessie orange attachée à l’ancre en faisant attention à garder suffisamment de gaz pour moi,  mais l’ancre ne fait que décoller un peu du fond (Il se trouve que je vais passer en juin 2008 l’examen Monteur Fédéral, et l’épreuve de « sauvetage palmes de 25 mètres » me stresse tant j’ai peur de la rater). Je décide donc « d’aider » l’ancre à remonter, je prends mon élan en tenant l’ancre sur ma poitrine et je remonte à la palme. Au bout de quelques mètres, Archimède fait son effet, et je peux retrouver mes trois congénères à qui j’ai fait une belle frayeur. Je ne sais toujours pas pourquoi j’ai fait cela, et je n’invite bien sûr personne à faire de même !

En Juillet 2013, nous partons de nouveau en Mer Rouge, cette fois accompagnés de notre ami T. Nous partons pour la croisière « BDE » autrement dit « Brothers-Daedalus-Elphinstone » aussi appelée « Triangle d’or ». C’est la première fois que j’ai pu cotoyer de près des requins marteaux, je n’oublierai jamais le frisson qui a parcouru tout mon corps quand 5 d’entre eux sont venus au contact, et que un spécimen de belle taille nous a suivi pendant une bonne partie de la dérive le long du récif de « Daedalus Reef ». A la fin de cette plongée, nous avons pu aussi admirer une station de lavage pour grands barracudas, où 3 individus faisaient gentiment la queue en attendant que le quatrième air fini de se faire nettoyer les chicots ! Cette plongée a définitivement ancré les requins comme l’espèce que je préfère observer !

En avril 2012, je viens donner un coup de main à l’équipe de moniteurs du Codep44 pour une matinée de formation N4 à la carrière de Roussay. La matinée se déroule assez classiquement, avec les épreuves de nage et de mannequin, suivie d’un plongée à quarante mètres pour travailler l’assistance sur un plongeur en difficulté à 40 mètres. Je plonge avec 2 stagiaires que je ne connais pas, le DP nous indiqué d’effectuer une noria (c’est à dire de descendre avec un seul plongeur faire l’exercice, faire un palier de sécurité au parachute, récupérer le deuxième stagiaire quand le premier termine son palier et repartir pour le même exercice, mais avec un stagiaire différent). Le premier qui s’y colle me fait une très belle prestation sur cette épreuve très technique. Le deuxièmle stagiaire me rejoint et nous descendons à la profondeur requise. Cependant beaucoup de palanquées sont passées par là, et nous arrivons à 36-37 mètres dans une véritable purée de poix. Mon pauvre stagiaire est pris de panique et part en essoufflement. Je n’ai d’autre choix que de lui porter secours et assure sa remontée en sécurité en le maintenant fermement (mais gentiment). Il s’abandonne totalement à moi, et je ressens immédiatement que nous ne sommes pas passés loin de la catastrophe. En surface, je reste longtemps à discuter avec lui, il est très perturbé par sa panique et se trouve en perte d’estime de soi… C’est la première fois, où j’ai vraiment eu le sentiment de sauver la vie de quelqu’un. Je suis doublement ému par ce souvenir, car le premier stagiaire est décédé depuis d’un arrêt cardiaque, et le deuxième est devenu un très bon ami, et n’est autre que M., excellent moniteur dans mon club !

En août 2014, S. et moi décidons de passer un week-end à la point de Bretagne et nous en profitons pour retourner à Crozon pour plonger avec nos amis du Centre ISA. quand nous arrivons le matin au centre, nous sommes accueillis très chaleureusement par le staff, qui visiblement sont ravis de nous revoir. Comme nous sommes en plein été, il y a beaucoup de monde, et nous croisons plusieurs regards interrogateurs signifiant « qui sont ces 2 là ? ».  J’arrive le premier sur le bateau, le DP me demande quel site me ferait plaisir entre « La Perle » et « Le Castel-Meur ». La Perle était initialement prévue, mais j’ai vraiment un faible pour cette deuxième épave et je lui donne ma préférence. Tous les plongeurs s’installent à bord et nous partons pour une petite heure de navigation. La nouvelle du changement de destination fait le tour du bateau, et beaucoup s’interrogent sur le pourquoi du « Castel-Meur »… En arrivant sur l’épave, le DP nous fait l’honneur de partir en première palanquée et nous pouvons profiter pendant presque 10 minutes de l’épave rien que pour nous, ce qui nous permet d’observer les gros bars qui vivent dans la cale. Quand nous revenons sur le bateau, plusieurs plongeurs viennent nous voir pour savoir qui nous sommes !

En octobre 2016, comme régulièrement pour les vacances de la Toussaint, nous descendons S. et moi sur la Côte d’Azur pour une petite semaine de plongée. Nous en profitons pour aller rencontrer E., un ami Facebook qui se reconnaitra, qui anime le petit club de plongée de la plage de l’Escalet à Ramatuelle. E. nous propose de plonger sur le Rubis, épave sur laquelle je n’ai plongée qu’une seule fois. Nous acceptons avec grand plaisir ! Arrivés sur le site, E. nous annonce que lui et moi effectuerons une incursion à l’intérieur su sous-marin pour aller admirer les tubes lance-torpilles. C’est un grand honneur et une grande marque de confiance qui m’est faite là ! La plongée est magnifique, les gros mérous à l’avant sont débonnaires, et c’est toujours magique de plonger sur un sous-marin !

L’été dernier, en juillet 2019, nous sommes allée pour la deuxième fois en Indonésie, notamment pour plonger dans le parc national de Komodo.  Parmi toutes les plongées effectuées, celle sur Crystal Rock reste gravée dans ma mémoire, pour avoir cotoyer et filmer de très près un beau requin gris de récif. Sa nageoire caudale est même venur frotter l’objectif de ma caméra . La richesse de ce site est juste incroyable ! Je ne sais quand il sera de nouveau possible et sûr de pouvoir retourner plonger en Asie… J’espère juste que cette pause permettra à la nature de reprendre un souffle nécessaire, le tourisme de masse (dont je faisais partie), en pleine explosion mettait une grosse et vézritable pression sur la santé des récifs coralliens.

si vous avez bien lu, mon « Top 10 » est en fait un « Top 12 » ! J’espère vous avoir un peu fait rêver, vous avoir rappelé quelques souvenirs. J’ai vraiment hâte de replonger, et comme je le dis toujours, « la plus belle plongée, c’est la prochaine ! »

Et pour vous, quel votre Top 10 ? Merci par avance pour vos retours !

 

 

 

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