L’examen de Guide de Palanquée : Comme un air de retour aux sources !

Niveau 4La Commission Technique Nationale de la FFESSM a publié une mise à jour du Manuel de Formation Technique (MFT) suite à son assemblée générale du 21 Mai 2016. Cette mise à jour vient notamment faire évoluer la formation et l’examen de « Plongeur Niveau 4 – Guide de Palanquée » (les dernières modifications au Manuel de Formation technique ont été portées le 5 Novembre 2016. Cette mise à jour a fait suite à une première modification que j’avais évoquée dans cet article et à la neutralisation de l’épreuve de RSE suite à des accidents survenus. La conséquence globale en était que deux épreuves en scaphandre déterminaient (de par leurs coefficients) l’obtention du diplôme de GP. Pour remédier à cela, la Commission Technique a statué. L’objet de ce billet est donc de refaire le tour des épreuves de l’examen Guide de Palanquée et d’apporter quelques commentaires personnels. Les nouveautés concernent notamment la « réintroduction » de la RSE, l’épreuve de 500 mètres capelé en palanquée, la descente dans le bleu et le vidage de masque à 40 mètres.

Pour pouvoir se présenter à l’examen, il faut dorénavant, en plus des conditions classiques (être titulaire d’une licence en cours de validité, être âgé de 18 ans au moins le jour du début de l’examen, être titulaire du brevet Niveau 3 ou d’un brevet équivalent, être titulaire du RIFA Plongée et présenter la carte de qualification, avoir un certificat médical valide), présenter un certificat d’aptitudes validé par un MF1 FFESSM ou un BEES1 recouvrant les aptitudes suivantes :

  • Aptitude A1 : compétences de conduite de palanquée (C1, C5, C8 et C15 du MFT).
  • Aptitude A2 : intervention sur un plongeur en difficulté à 40 m (Cf. C6 du MFT).
  • Aptitude A3 : Remontée Sans Embout (RSE).

Si on reprend le contenu de l’examen, on trouve trois groupes d’épreuves :

Premier Groupe : Épreuves de Condition Physique (3 épreuves notées sur 20 chacune)

  • Mannequin (Coefficient 2, soit 40 points possibles)
  • 800 m PMT Coefficient 2, soit 40 points possibles)
  • Apnée à 10 m Coefficient 1, soit 20 possibles)
    Le Total des points attribués pour ce groupe est de 100 points, pour valider ce groupe d’épreuves, il faut obtenir la moyenne, soit au moins 50 points.

Deuxième Groupe : Épreuves Pratiques (5 épreuves réparties en 2 sous-groupes, avec 7 notes sur 20 et 1 appréciation Fait/Non Fait)

  • Le sous-groupe A correspond à « La Conduite de palanquée et la Technique à 40 mètres »
    • Conduite de Palanquée
      • Briefing/Débriefing (Coefficient 2, soit 40 points possibles)
      • Conduite de palanquée (Coefficient 3, soit 60 points possibles)
    • Intervention sur un plongeur en difficulté à 40 m (Coefficient 3, soit 60 points possibles)
      Le sous-total des points de ce sous-groupe est de 160 points, pour valider ce sous-groupe d’épreuves, il faut obtenir la moyenne, soit au moins 80 points.
  • Le sous-groupe B correspond aux « Démonstrations Pratiques et Techniques »
    • Matelotage (Coefficient 2, soit 40 points possibles)
    • Descente, stabilisation et vidage de masque à 40 m
      • Descente dans le bleu (Coefficient 1, soit 20 points possibles)
      • Stabilisation et vidage de masque à 40 m (Coefficient 1, soit 20 points possibles)
    • Remontée Sans Embout (RSE) de 25 m à 10 m (Coefficient 2, soit 40 points possibles)
    • 500 m. avec scaphandre (Fait/Non Fait, la note est donc de 0 ou 20)
      Le sous-total des points de ce sous-groupe est de 120 points, pour valider ce groupe d’épreuves, il faut obtenir la moyenne soit au moins 60 points.
      Pour valider ce deuxième groupe, mathématiquement, il faut donc au moins 140 points avec la moyenne dans chaque sous-groupe.

Troisième Groupe : Épreuves Théoriques

  • Décompression (Coefficient 3, soit 60 possibles)
  • Anatomie, physiologie et physiopathologie du plongeur (Coefficient 4, soit 80 points possibles)
  • Aspects théoriques de l’activité (Coefficient 2, soit 40 points possibles)
  • Matériel de plongée (Coefficient 2, soit 40 points possibles)
  • Cadre réglementaire de l’activité (Coefficient 2, soit 40 points possibles)
    Le total des points attribués pour ce groupe est donc de 260 points, pour le valider, il faut obtenir la moyenne, donc 130 points.

Depuis les premières évolutions de l’examen du Guide de Palanquée, l’épreuve de nage était tirée au sort entre le 800 mètres PMT et le 500 mètres capelé. Ce tirage au sort est maintenant abandonné. Le 800 mètres sera systématiquement évalué (avec une grille de temps spécifique aux hommes, et une grille spécifique aux femmes), et l’épreuve du 500 mètres capelé sera elle aussi systématiquement effectuée, mais sous une nouvelle forme. Regardons maintenant en détail les différentes épreuves :

Concernant le Premier Groupe d’Épreuves, le mannequin n’évolue pas par rapport au passé.  Le barème de temps (sur 12 points) est identique pour les hommes et les femmes, et de 1 à 8 points sont attribués pour la tenue, l’aisance, l’efficacité et la rectitude lors du tractage du mannequin. Comme l’écrit le MFT, le candidat ne dispose que d’une seule tentative pour réaliser l’épreuve dans sa totalité. Toutefois, si il échoue dans la récupération du mannequin, il peut faire une seconde tentative, le chronomètre n’étant pas arrêté. Pour l’épreuve de 800 PMT, il y a un barème de temps différencié. Il faut parcourir la distance en 15’30 » pour les hommes  et 16’30 » pour les femmes pour obtenir la note de 10/20. Des points supplémentaires sont accordés si le temps est inférieur à 15’01 » (16’01 » pour les femmes), et si l’épreuve est effectuée en moins de 10’20 » pour les hommes et 11’20 » pour les femmes, la note de 20/20 est attribuée. L’épreuve d’apnée à 10 mètres est globalement inchangée.

En ce qui concerne le Deuxième Groupe d’Épreuves, le sous-groupe A n’est pas modifié. Il s’agit d’y évaluer les qualités de Guide de Palanquée, au travers du briefing d’avant-plongée, de la conduite de la palanquée à 20 mètres ou à 40 mètres , de juger de la qualité du débriefing effectué. L’autre épreuve de ce sous-groupe permet d’évaluer la capacité du futur Guide pour assurer la sécurité d’un plongeur en difficulté à 40 mètres. Le Sous-groupe B est celui qui comporte les plus grandes évolutions. On y trouve l’épreuve classique de matelotage. Il faut au moins maîtriser 3 nœuds pour obtenir la moyenne à cette épreuve. Ensuite, on trouve la descente dans le bleu, et le vidage de masque en stabilisation à 40 mètres. À titre personnel, je trouve très positif le rétablissement de l’épreuve de descente dans le bleu. En effet, cette épreuve permet d’évaluer l’aisance du plongeur, de sa perception dans l’espace, et de sa capacité à gérer la narcose comme elle est enchaînée avec le vidage de masque.

Depuis le mois de Juin 2015, l’épreuve de Remontée Sans Embout était neutralisée à l’examen (c’est à dire, l’épreuve n’était plus effectuée, et tous les candidats se voyaient attribuer la note de 10/20). Plusieurs groupes de travail ont réfléchi à son évolution, voire son remplacement. En définitive, depuis 15 Septembre 2016, l’épreuve est réintroduite à l’examen, mais sous une forme nouvelle : Afin de limiter le risque d’accident, la RSE s’effectue depuis la profondeur de 25 mètres jusqu’à la profondeur de 10 mètres. Elle correspond donc à une ascension de 15 mètres au total (contre 17 mètres auparavant) avec une variation de pression ambiant de 1,5 bar (contre 1,7 bar auparavant). Le départ ne s’effectuera plus du fond, mais stabilisé. La remontée devra s’effectuer en un minimum de 40 secondes. Dès que le moniteur donne le top départ, le stagiaire devra effectuer une petite expiration puis entamer immédiatement la remontée. Il faut noter que malgré le gradient de pression très peu différent, on met le stagiaire plus en sécurité car on évite la zone où la variation de pression est la plus importante (entre 10 mètres et la surface). Par contre, il faudra en plus de l’expiration, gérer sa vitesse de remontée à l’aide du gilet (du fait que le départ se fait stabilisé et non plus depuis le fond, gilet vide).

Le 500 mètres capelé est réhabilité, mais la grande nouveauté est qu’il n’y a plus de critère de temps. Cette épreuve se fait en palanquée de 2 à 5 plongeurs sur un parcours déterminé à l’avance. Elle va permettre de vérifier l’esprit de cohésion manifesté par les stagiaires, et de plus le décapelage est autorisé (ce qui permet de pousser son gilet devant soi et donc d’être plus à l’aise pour nager ! Il est important que les plongeurs restent groupés, seul l’abandon est éliminatoire. On a donc une vraie épreuve qualitative et comportementale.

Enfin sur le Troisième Groupe d’Épreuves, il faut noter la disparition de l’épreuve de table, au profit d’une épreuve sur la décompression, ce qui va plutôt dans le bon sens, même si il reste à l’examen un exercice de Table MN90 à réaliser, qui plonge encore aux Tables de nos jours ? L’épreuve d’anatomie, physiologie et physiopathologie du plongeur permet de couvrir les aspects accidents de plongée liés à la physiologie du plongeur. L’épreuve d’aspects théoriques recouvre l’ancienne épreuve de physique à laquelle on a enlevé les fameux exercices de calcul de coefficients directeurs qui perturbaient pas mal de candidats ! Les épreuves de matériel et de réglementation ne subissent pas d’évolutions particulières.

En définitive, je trouve que ce « nouvel » examen va plutôt dans le bon sens en tentant d’adapter l’évaluation à la pratique d’aujourd’hui des plongeurs. On constate que des épreuves ont été réintroduites, on va dans le sens de l’évaluation qualitative (ce qui est assez nouveau quand même). Seul, de mon point de vue, le maintien de cette fameuse RSE peut être sujet à débat. L’avenir nous le dira.

Et vous, comment percevez vous cette évolution de l’examen de Guide de Palanquée ? Merci d’avance pour vos retours !

2 réflexions au sujet de “L’examen de Guide de Palanquée : Comme un air de retour aux sources !

  1. Salut.

    « […] même si il reste à l’examen un exercice de Table MN90 à réaliser, qui plonge encore aux Tables de nos jours ?  »

    -> tous les DP qui ont obligatoirement un jeu de tables sur le lieu de l’immersion et qui sont susceptibles de se faire seconder par un GP.
    🙂

    • Merci pour ton retour, Arnaud !
      Oui, bien entendu, règlementairement, le Directeur de Plongée doit disposer d’un jeu de tables MN90 sur le site de plongée. Le sens de ma phrase était bien : qui utilise encore de façon régulière les tables MN90 comme moyen de décompression principal, en lieu et place d’un ordinateur de plongée ?

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