Qu’est-ce qui change avec le nouvel examen de Guide de Palanquée ?

Logo FFESSMDepuis le 10 juin 2013 et la mise à jour du Manuel de Formation Technique FFESSM, l’examen permettant d’accéder au diplôme de plongeur Niveau IV « Guide de Palanquée » a été réformé et nous avons pu voir les épreuves profondément modifiées dans leur forme et dans le fond. La philosophie générale du nouvel examen est bien de s’assurer que les candidats présentent les aptitudes à emmener des plongeurs sur un site en sécurité, à rendre la plongée intéressante et à s’assurer du feed-back, bref à se comporter vraiment comme un guide et non plus seulement comme un « chef scout » qui est super fort en palmage, comme cela a pu être le cas par le passé.

Dans la suite, je vais tenter de lister les différences et les évolutions et je donnerai ma perception de l’évaluation des nouvelles épreuves.

Pour fixer les idées sur le contenu de l’examen voici un tableau comparatif :

Plongeur Niveau IV Capacitaire

Plongeur Niveau 4 Guide de Palanquée

Epreuves de condition physique
800 mètres PMT (Chrono)
500 mètres Capelé (Fait/Non Fait)
Apnée à 10 mètres
Mannequin
800 mètres PMT (Chrono) ou 500 mètres Capelé (Chrono)
Apnée à 10 mètres
Mannequin
Epreuves de plongée en scaphandre
Démonstration Technique avec Handicap de 20 mètres (DTH)
Remontée sans embout de 20 mètres
Sauvetage depuis 30 mètres
Epreuve à 40 mètres (Descente dans le bleu, Vidage de masque, assistance depuis 40 mètres)
Matelotage
Remontée sans embout de 20 mètres
Intervention sur un plongeur en difficulté à 40 mètres
Epreuve de Guide de palanquée (Briefing / Débriefing, Conduite de palanquée)
Matelotage
Epreuves de théorie et de connaissances générales
Tables MN90
Accidents
Physique
Physiologie
Matériel
Règlementation
Tables MN90
Accidents
Physique
Physiologie
Matériel
Règlementation

On constate aisément sur ce tableau que les différences portent sur les épreuves de condition physique, ainsi que sur les épreuves de plongée en scaphandre.

Pour les épreuves de condition physique, un tirage au sort est maintenant effectué en début d’examen, pour déterminer quelle épreuve de nage sera évaluée : soit le 800 mètres, soit le 500 mètres capelé. En ce qui concerne, le 500 mètres capelé, nous sommes maintenant sortis du fatidique « Fait/Non fait » qui rendait cette épreuve éliminatoire en cas de non-passage dans le temps imparti. Dorénavant, l’épreuve est chronométrée avec une évaluation de la note à 10/20 si la distance est réalisée en 14 minutes pour les femmes et en 13 minutes pour les hommes (ce qui place la note moyenne au niveau de la barre « Fait/Non fait »).

Bien qu’il n’y ait plus qu’une épreuve sur les 2, les candidats devront bien sûr avoir travaillé sur les deux distances pendant leur formation.

Les grandes nouveautés se trouvent au niveau des épreuves en scaphandre. Il y a maintenant deux nouvelles épreuves en remplacement de la DTH, du sauvetage et de « la plongée à 40 mètres ». Ces deux épreuves sont nommées « Intervention sur un plongeur en difficulté à 40 mètres » et « Guide de Palanquée ».

L’intervention sur un plongeur en difficulté à 40 mètres cherche à évaluer l’aptitude du plongeur à effectuer une assistance sur un plongeur conscient en partant d’une profondeur de 40 mètres. Il est important de noter que la situation pourra être évolutive (perte de conscience avec lâcher du détendeur par exemple). Je ne pourrai que conseiller aux candidats de ne jamais utiliser le palmage, même pour le démarrage (il y a un vrai risque de partir « dans le rouge » vers un essoufflement à cette profondeur, et donc de devoir interrompre l’épreuve, ce qui signifierait une note éliminatoire). La remontée pourra être rapide au début, mais la vitesse devra redevenir celle préconisée par le moyen de décompression utilisé (15 à 17 mètres/minute si on utilise les Tables MN90, 10 mètres/minute si on utilise un ordinateur de plongée). De ce fait , et dans tous les cas, le temps de remontée devra être compris entre 2 et 4 minutes (ce qui est long !). Enfin, la vitesse de remontée devra être stable dès la zone des 30 mètres.

L’épreuve de Guide de Palanquée consiste à évaluer l’aptitude du candidat à encadrer une palanquée de plongeurs dont le niveau se situe entre le plongeur débutant et le plongeur confirmé, sur un fond de 0 à 40 mètres. Chaque candidat se retrouvera donc potentiellement dans un contexte d’évaluation différent (le sujet est tiré au sort par le candidat) : il lui faudra s’adapter aux plongeurs et plongeuses qu’il doit encadrer, et donc à leurs niveaux de plongeurs (qui peuvent aller du plongeur Niveau 1 débutant au plongeur Niveau 2 confirmé, en passant par toutes les composantes de qualifications telles que le plongeur Niveau 1 avec une qualification PE-40 par exemple). Il lui faudra aussi prendre en compte les attentes des plongeurs, ainsi que leur difficultés et leurs appréhensions.

L’épreuve est globalement évaluée sur 2 items noté sur 20 points : la partie briefing/débriefing (ocefficient 3) et la partie conduite de palanquée à proprement parler (coefficient 5). Il y a donc un total de 160 points attribués sur cette épreuve (80 points correspondants à une note moyenne).

Pour ma part, voici les éléments auxquels je serais attentif pour évaluer la qualité d’un briefing :

  • Le dialogue préalable avec les plongeurs encadrés : le guide se présente, questionne les plongeurs sur le vécu subaquatique, s’enquiert de ce qu’ils aiment voir sous l’eau, ainsi que de leurs craintes éventuelles, vérifie le matériel des plongeurs, s’enquiert de leur lestage…
  • La mise à l’eau : le guide expliquera la technique qui va être employée, dans quel ordre les plongeurs vont se mettre à l’eau, et la manière dont il vérifiera le lestage de chacun et que chaque bloc est bien ouvert…
  • La descente vers le fond : le guide rappelle qu’on effectue un « check » à 3 mètres pour vérifier que les oreilles passent, et qu’il convient d’équilibrer régulièrement pendant la descente. Eventuellement, il annonce qu’il effectuera aussi un « bubble-check » (pour identifier une fuite éventuelle sur un premier étage). Il expliquera la manière dont la descente s’effectuera (descente dans le bleu, le long du mouillage ou d’une gueuse…). Il rappellera qu’il faut gonfler régulièrement son gilet pour contrôler la vitesse de descente. Dans le cas d’une plongée profonde, il annoncera un « check » à 20 mètres et un « check » à 30 mètres en le justifiant.
  • Le parcours au fond : le guide décrira le parcours qui devrait être effectué, il rappellera les consignes de sécurité (mi-pression, réserve, perte de palanquée, givrage de détendeur si la plongée se déroule en eau froide, …), le positionnement des plongeurs par rapport à lui, …
  • La fin de plongée et la remontée : le guide explique par quel signe il indiquera la fin de plongée (signe d’arrêt ou retour au mouillage), les règles de sécurité pendant la remontée (les plongeurs sont légèrement en dessous de lui), l’envoi éventuel du parachute, les paliers éventuels et les règles de sécurité pour retour au bateau en surface.

Le débriefing est à mon sens plus simple à évaluer : le guide doit être attentif à sa palanquée, les aider à remonter sur le bateau, et à ranger leur matériel. Il doit demander aux plongeurs qu’il a encadré si tout s’est bien déroulé de leur point de vue, éventuellement faire se rappeler tel ou tel animal observé (utiliser une tablette immergeable par exemple) et il doit être source de conseils positifs envers sa palanquée sur leur comportement, leur équipement et leur lestage (dans le but de les aider à progresser dans leur pratique de l’activité). En fin il rappellera les consignes élémentaires de sécurité d’après plongée : hydratation (avec de l’eau), pas d’effort, pas d’apnée.

Pour la partie « Guide de Palanquée en situation », il suffit au candidat de faire ce qu’il a énoncé et de s’y tenir ! Pendant l’épreuve, les plongeurs pourront avoir (et auront à coup sûr puisqu’il s’agit d’une évaluation en examen) un comportement particulier (inattention, non respect de la profondeur max, mauvaise stabilisation, surlestage, …) qui nécessitera que le guide intervienne en douceur mais avec autorité ! Par contre, il n’y devrait pas y avoir de d’assistance ou de panne d’air, car ce geste technique est évalué dans l’épreuve précédente à 40 mètres.

Les points que je juge importants sur cette partie sont entre autres :

  • Le respect et la mise en œuvre au plus près des consignes énoncées par le guide pendant le briefing : si le guide annonce des choses, il doit les mettre en œuvre.
  • Le regroupement au fond en début de plongée : le guide regroupe sa palanquée, positionne les plongeurs par rapport à lui, et vérifie les manomètres de chaque plongeur, tout en montrant aussi le sien.
  • La communication avec les membres de sa palanquée : le guide vérifie régulièrement sans les harceler que tout va bien, il surveille les consommations d’air.
  • L’intérêt de la plongée : il montre à sa palanquée ce qu’il a pu observer, et partage les observations des autres plongeurs. Il rend la plongée plaisante.
  • La remontée et le palier : le guide gère la remontée à la bonne vitesse de sa palanquée, envoie le parachute et s’assure de la tenue du palier par les membres de sa palanquée.
  • Le retour au bateau : le guide se signale au bateau avec les signes règlementaires, ramène sa palanquée en sécurité et permet à ses plongeurs de remonter aisément sur le bateau (par exemple en les aidant à décapeler en surface).

On le voit, il s’agit bien d’une petite révolution dans l’évaluation des aptitudes des candidats au brevet de Guide de Palanquée. Personnellement, je trouve que cela va dans le bon sens, car on met l’accent sur le côté important de la plongée (l’attention portée à des plongeurs moins expérimentés) sans négliger les aspects sécurité (porter assistance à un plongeur en difficulté) tout en ayant allégé les exigences au niveau physique (ce qui arrêtait un certain nombre de candidats potentiels à ce brevet par le passé). Mon seul petit regret est de voir la RSE maintenue et la DTH supprimée, alors que je trouve l’épreuve de Remontée Sans Embout plus accidentogène que la Démonstration Technique avec Handicap et que cette dernière était une épreuve éminemment technique qui démontrait une grande aisance subaquatique. Ce n’est pas le choix qui a été fait, il faut en prendre acte et mettre en œuvre cette nouvelle façon de faire !

Et vous qu’en pensez-vous ? Merci pour vos retours !

 

 

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