Trucs et astuces : Les moyens mnémotechniques pour ne rien oublier

Quand on part plonger, il arrive régulièrement qu’un plongeur ou une plongeuse demande au groupe de l’aider car il ou elle a oublié son masque ou un autre élément nécessaire à une belle plongée réussie. Il m’est moi-même arrivé d’oublier un élément important de mon équipement (personne n’est parfait ). Aussi, je me suis dit qu’il pouvait être intéressant de faire le point sur les méthodes de chacun, les trucs donnés par les écoles de plongée, afin d’aider les plongeurs et plongeuses à obtenir plus de sérénité quand ils partent plonger ! Je vais donc tenter de faire le tour des trucs que j’ai pu glaner ça et là et compter quelques anecdotes un peu cocasses mais dont il ne faut pas minimiser l’importance car chaque élément oublié peut gâcher une immersion…

Quand j’ai débuté la plongée, aux alentours de 1978, il n’y avait qu’un seul acronyme qui avait cours : c’était le « P-M-T-CDP-C »… Il fallait traduire : « Palmes-Masque-Tuba-Ceinture de de Plomb-Couteau ». L’équipement du plongeur étant assez rudimentaire à l’époque, cet acronyme était suffisant, depuis lors les choses ont bien changé. Les écoles de plongée ont institutionnalisé et standardisé des pratiques dans le but de rationaliser les approches.

En fait, qu’est ce qu’un moyen mnémotechnique ? Il s’agit soit d’un acronyme, soit d’un phrase permettant de se rappeler des choses à ne pas oublier. Tout le monde se rappelle de la fameuse phrase apprise au collège « Que j’aime à faire apprendre ce nombre utile aux sages ! Immortel Archimède, artiste, ingénieur, toi de qui Syracuse aime encore la gloire, soit ton nom conservé par de savants grimoires« , qui permet de retenir les premières décimales du nombre π, en écrivant à la place de chaque mot le nombre de lettres qui le compose :

Quej’aimeàfaireapprendrecenombreutileauxsages !ImmortelArchimède,artisteingénieur.
3,14159265358979

Le même principe a été pris par exemple par l’école américaine PADI. Elle propose une technique de check des « buddies » avant la mise à l’eau, qui peut se définir de deux façons semblables : « B.A.L.L.O » ou « Grande Pizza« . L’un est un acronyme, l’autre est une phrase dont on prend les initiales de chaque mot (« Grande Pizza Sans Anchois ni Olive »). Le tableau ci-dessous donne l’éclairage sur la signification :

B.A.L.L.O.Grande Pizza
BBouée : La Stab est-elle bien gréée ?GrandeGilet : La Stab est-elle bien gréée ?
AAir : Le bloc est-il bien ouvert ?PizzaPoids : Le lest est-il présent et bien
positionné ?
LLest : Le lest est-il présent et bien
positionné ?
SansSangles : Les sangles sont-elles bien
accessibles ?
LLargage : les plombs sont-ils bien largables,
les sangles de la stab sont-elles bien accessibles ?
AnchoisAir : Le bloc est-il bien ouvert ?
OOk : Tout est ok, on peut checker le deuxième
buddy !
ni OliveOk : Tout est ok, on peut checker le deuxième
buddy !

Il en existe de multiples variantes, on peut citer « Donner La Boisson Aux Grenouilles » pour « Détendeurs et direct-system branchés, Lest larguable présent et positionné, Boucles de gilet correctement fermées, Air (contrôle du mano), et Go diving ! » ou encore, mais cette fois dans la langue de Shakespeare, « Blond Women Really Are Fun ! » qui correspond à « Buoyancy (Vérification de la stab), Weights (Lest présent), Release buckles (Largage du lest possible), Air (Bloc bien ouvert), Final check and go ! (le contrôle final et passage au deuxième buddy) ».

Au sein de la F.F.E.S.S.M. nous utilisons aussi ce type de trucs, notamment pour le fameux « 0-2-1-3 » (les chiffres indique la position où passer la sangle et l’ordre de passage) ou « A-M-I-E » (pour « Anneau-Milieu-Intérieur-Extérieur ») lorsqu’on apprend à un débutant à gréer son gilet sur son bloc… Mon amie Carole (que je remercie!) m’a aussi suggéré un autre acronyme assez rigolo : Pour gréer son bloc il suffit d’avoir eu « 0 au Bac » (0BAC) : Le 0 identifie l’anneau, et chaque lettre identifie la positon de passage de la sangle : B-A-C ! Simplissime ! Le Subaqua Club de Persan Beaumont, par l’intermédiaire de Xavier Grellier, a fait une fiche pédagogique intéressante sur ce sujet qu’on peut télécharger ici.

On le voit, on peut mettre en place des moyens mnémotechniques pour se rappeler de tout et ne rien oublier (et je le recommande chaudement, je suis moi-même très étourdi, et si je n’employais pas ce type de méthode, je serais toujours en « galère » ! ). Selon la façon dont on perçoit le monde, on adaptera la méthode pour être sûr de ne rien oublier. Ainsi, si on est plutôt de dominante « Visuel », on aura besoin de voir l’ensemble de son matériel étalé au sol. si on est plutôt « Kinesthésique », on touchera chaque élément composant l’équipement, et si on est auditif, on récitera à haute voix la liste du matériel… bien sûr on est toujours un peu des trois, mais réellement avec une dominante marquée. Enfin, je préconise de séquencer les moyens selon l’ordre suivant :

  • Quand on prépare son sac ou sa caisse de plongée,
  • Quand on s’équipe,
  • Avant que le bateau ne quitte le quai,
  • Quand on se met à l’eau,
  • Quand on remballe le matériel.

Quand on prépare son sac pour aller plonger, on ne doit rien oublier de son équipement, sous peine de ne pouvoir plonger… ou d’être obligé de se faire dépanner par les copains et donc de devoir « subir » les quolibets et de se faire rappeler amicalement à chaque occasion la fois où on a oublié une partie de son matériel. Je n’oublierai jamais la fois où mon ami M. avait oublié sa combi, et une autre fois ou mon ami E. avait lui oublié ses palmes… Nous avions bien ri et leurs oreilles sifflent encore souvent quand on se remémore ce moment cocasse ! J’ai pour habitude de partir des pieds vers la tête et d’énumérer à haute voix tous les éléments de mon équipement, en touchant les parties de mon corps en contact… Ce qui donne un truc du genre Sandales/Palmes/Chaussons/Combi/Souris/Ordi/Compas/Tablette/Perche/Caméra/Phare/Détendeurs/Gilet/bouteille… et je n’oublie le maillot de bain, la serviette, et l’eau savonneuse… J’espère ne jamais être filmé quand je fais cela !

De la même façon, quand on s’équipe, il faut veiller à bien organiser son espace pour ne pas trop s’étaler, et être efficace dans son équipement. Si on y réfléchit un peu, on trouvera un ordre de rangement et d’occupation de l’espace qui permet de ritualiser tout cela et habituer le regard pour vérifier que rien ne manque. L’habillage et l’équipement devient alors un rituel qu’on réalise de façon automatique sans y penser.

Avant que le bateau ne quitte le quai, je répète une dernière fois mentalement ou à voix haute la liste du matériel « volant » que j’emporte avec moi : scaphandre gréé, masque, palmes, caméra sport sur sa perche. Je le fais depuis qu’une fois en vacances à Tenerife, je me suis rendu compte que j’avais oublié ma caméra GoPro au local du centre de plongée, cela m’a valu un bon sprint pour y retourner la chercher sans mettre en retard tout le groupe… Bien m’en a pris, j’ai pu filmer un requin-ange ce jour-là, je l’aurais vraiment regretté si je n’y étais pas retourné.

Quand on se met à l’eau, je demande systématiquement à quelqu’un de vérifier que mon bloc est ouvert, et que je touche machinalement les poches à plomb de ma stab pour vérifier qu’elles sont bien là. Une fois dans l’eau je vérifie les équipements de mes binômes ou des plongeurs que j’encadre en manœuvrant les direct-system (ainsi on ne découvre pas sous l’eau que quelqu’un dans la palanquée plonge avec un système i3 par exemple et qu’on doit faire une assistance (j’ai une stab avec un système i3, les stagiaires qui doivent me porter assistance apprennent vite à checker préalablement l’immersion le maniement du matériel !). J’ai aussi souvenir d’être parti plonger sur la Rosalie Moller (dans le détroit de Gubal en Mer Rouge), avec S. et mes 2 filles A. et L. et d’avoir oublié mes poches à plomb sur le bateau, d’avoir eu quelques difficultés pour descendre dans les premiers mètres et me rendre compte en fin de plongée, pendant la remontée que je n’avais aucun plomb ! J’ai dû faire mes dix minutes de palier  accroché à un bout avec les palmes en l’air sous les yeux rieurs de mes compagnes d’immersion (et heureusement qu’il y avait un navire amarré à l’épave, ce qui m’a « sauvé »).

Quand je remballe le matériel, je prends bien soin à bien étaler mon matériel (mais pas trop quand même) pour vérifier que je n’oublie rien avant de tout ranger dans ma caisse… Combien de fois ai-je reçu un mail en rentrant de plonger de la carrière de Questembert, demandant si quelqu’un avait trouvé une combinaison malencontreusement oubliée sur le site…

Vous l’avez bien compris, le besoin de check-lists est vraiment avéré, et pas seulement pour les plongeurs débutants. Je vais encore signaler un bon outil mis à disposition par le Subaqua Club de Persan Beaumont qui met à notre disposition plusieurs check-lists ! j’adresse un chaleureux remerciement à leur auteur, Xavier Grellier !

En résumé, faites vous vos propres listes et vos propres expressions mnémotechniques, que vous utiliserez en fonction de votre personnalité dominante (Visuel/Auditif/Kinesthésique), et pour cela vous pouvez vous aider de ces quelques moyens. De votre côté, avez-vous ce type de liste ? En utilisez-vous des différentes ? Merci d’avance pour vos retours !

 

4 réflexions au sujet de “Trucs et astuces : Les moyens mnémotechniques pour ne rien oublier”

  1. J’organise toujours mon sac de la même façon au remplissage et m’équipe dans l’ordre inverse !! Normalement il ne doit rester dans mon sac que ma boîte de « secours » Bien sûr contrôle avant de sauter des robinets, plombs et check des buddy’s !!
    En résumé, je mentalise ce dont j’ai besoin … ça fonctionne pour l’instant … pourvu que ça dure !!

  2. Bonsoir.
    Personnellement, j’ai une checklist dans un fichier Excel pour préparer tout départ de la maison pour un week-end ou + de plongée. Et cette checklist est constituée de plusieurs « chapitres », fonction du type de sortie, du type de matériel (combi étanche/humide, photo, …), regroupé par type de sac, … Un chapitre aussi pour le cas de journée « baptême en piscine ». Utiliser une checklist à la maison ne présente aucune lourdeur.
    Une fois parti à priori je n’ai rien oublié à emporter.
    Ensuite, sur le quai, je procède classiquement en partant des pieds et jusqu’à la tête… Même si cette dernière est de plus en plus vide, je n’ai pas souvent oublié quelque chose.

    • Merci Jean-Louis, c’est vrai que la bonne vieille check-list imprimée est peut-être le meilleur des trucs ! Et puis les différencier est une bonne idée ! A condition de ne pas utiliser la fiche « Baptême en piscine » à la place de « sortie technique en carrière en hiver » et vice-versa ! 😉

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