Comment bien choisir et utiliser un parachute de palier ?

parachuteBeaucoup de personnes parmi celles que je suis amené à former me posent un jour la question : “Qu’est ce que je dois prendre comme parachute de palier ?” Comme toujours, pour ce type de question, chaque moniteur aura sa propre réponse qui, grosso modo, ressemblera à “Celui que j’ai”… Pour ne pas tomber dans ce travers, je vais tenter d’apporter des éléments de choix objectifs pour éclaircir cet “épineux” problème.

Je vais volontairement évacuer la question du budget, car je considère que le choix d’un élément de sécurité tel que le parachute ne doit pas être guidé par une question d’argent, et j’ai trop souvent vu des préparants N2 acheter un parachute d’entrée de gamme qui ne dure que le temps de la formation… les soudures ne résistant pas au traitement de choc que le stagiaire leur font subir !

Tout d’abord, sur le type de parachute, je conseille toujours de choisir un parachute à soupape en toile plastifiée car celui-ci reste gonflé en surface, permet d’avoir une bouée supplémentaire et de regrouper la palanquée sur ce point flottant qui peut être d’un grand réconfort !

Concernant la couleur, il devra être rouge orangé (les parachutes jaune sont utilisés par les plongeurs TEK pour signaler une urgence vitale, laissons donc de côté ce type d’engin). Le lest utilisé peut être le petit plomb de 300 grammes classique permettant d’enrouler le bout autour et de sécuriser le déroulement de celui-ci, mais je préfère utiliser un gros mousqueton qui en plus de remplacer avantageusement le lest va permettre de “clamper” le parachute au bateau avant de remonter à bord et donc de se débarrasser d’un objet encombrant.

Mousqueton

Pour lover le bout, je conseille d’effectuer les “tours en 8” autour du pouce et de l’auriculaire, je n’ai jamais rencontré le moindre de souci d’emmêlement avec cette technique. On préfèrera aussi ranger le parachute avec un sandow plutôt que dans une pochette supplémentaire. Il est aussi utile de marquer par un signe distinctif sur le bout les paliers à 6 mètres et à 3 mètres. J’utilise des marquages utilisés en pneumatique, que je fixe avec 2 noeuds simples pour le palier à 6 mètres, et 1 noeud simple pour le palier à 3 mètres.

marquage bout

Il peut être intéressant de marquer le haut de son parachute avec un signe distinctif (vos initiales, un drapeau breton, …) et de prévenir le Directeur de Plongée de l’existence de ce signe

Il est aussi possible d’utiliser un dévidoir pour envoyer le parachute, mais ceci est plutôt destiné à des plongeurs expérimentés et à la pratique de plongée profonde (on envoie le parachute dès que la phase de remontée est entamée, ainsi le Directeur de Plongée est aussitôt alerté que votre palanquée remonte et que tout va bien, parallèlement, cela peut aussi être rassurant pour certains membres de la palanquée de voir un bout vertical envoyé dès 30 mètres par exemple…).

Le petit film ci-dessous détaille une manière de gréer le parachute que j’aime bien (et que j’ai adoptée) :

Pour l’envoi du parachute, je déconseille fermement de lâcher son détendeur et de le faire fuser :  En cas de fausse manipulation, si on se fait entrainer par l’engin, le plongeur ne pensera pas à remettre son embout en bouche, et risque de bloquer sa respiration, s’exposant ainsi à une surpression pulmonaire.

De même, je déconseille l’utilisation de l’octopus en le faisant fuser : faire fuser un détendeur dans l’eau l’expose à un risque de givrage (surtout en eau froide). D’autre part, lorsqu’on envoie le parachute, c’est que l’on est normalement en fin de plongée et que les plongeurs sont classiquement proches de la réserve et donc plus proches d’une panne d’air éventuelle. Utiliser son octopus dans ce cas, amène le plongeur à ne pas le remettre en place (à sa place) après avoir gonflé le parachute. En cas de panne d’air avérée, il faudra rechercher son octopus qui pendouille gentiment, et ainsi on perdra quelques précieuses secondes pour intervenir.

Alors comment faire ?

Ma technique est simple : après avoir entièrement largué le bout du parachute et avoir vérifié que rien n’y est accroché et qu’il n’y a aucune entrave,  j’utilise l’air que j’expire normalement. En inclinant la tête vers la droite, je souffle une première fois dans le parachute pour le gonfler un peu. Une deuxième et/ou une troisième expiration gonfleront complètement le parachute et il suffira de le lâcher pour qu’il remonte gentiment. Il ne faut jamais faire coulisser le bout du parachute dans sa main, le moindre événement vous emporte avec lui !

Testez cette technique lors de plongées techniques et faites moi un retour d’expérience !

29 réflexions au sujet de “Comment bien choisir et utiliser un parachute de palier ?

    • Merci Thomas B. !
      J’ai réfléchi à cette suite à des formations N2 où j’ai pu constater que l’octopus n’était que très rarement remis en place par les apprenants et les moniteurs suite à une simulation de panne d’air… J'”ai eu aussi à gérer une “panne d’air” au palier avec un ami qui avait mal ouvert son bloc…
      quand tu passeras ton Niveau 2, tu apprendras plusieurs techniques d’envoi du parachute, à toi de choisir celle qui te convient le mieux !

  1. En effet, nous voyons un certain nombre de parachutes de palier exploser en plein vol; moi-même cela m’est arrivé, heureusement mon binôme avait le sien. Je vous propose de jeter un coup d’oeil sur mon site web http://www.oceandivingtenerife.com où nous présentons notre parachute de palier (toile plastifiée très solide) à deux étages que nous avons breveté en France et que nous commercialisons. En cas de panne d’air, c’est extrêmement pratique. Nous l’avons créé ici à Tenerife et mis au point en direct live dans l’océan.

  2. Merci France !
    Effectivement l’idée est ingénieuse et cela évite de s’embarrasser à emporter 2 parachutes qu’il faut gonfler pour signaler … une panne d’air !

  3. Bonjour
    je viens de visionner votre vidéo sur le parachute de palier à 2 couleurs, c’est une excellente idée, une seule petite remarque, il mériterait d’être un peu plus long, 1m15 cela risque d’être un peu court avec une forte houle, je plonge en Bretagne et les creux de 2 à 4m ne sont pas rares.
    Marc:.

    • Bonjour Marc,
      merci pour votre contribution !
      Le parachute à 2 couleurs présenté l’est par le site http://www.oceandivingtenerife.com. Je n’ai pas personnellement d’intérêts dans cette entreprise. Cependant, je trouve l’idée très intéressante en effet.
      Sur la longueur, je suis aussi d’accord avec vous, plus le parachute est long, plus la capacité à être repéré est meilleure.

  4. Bonjour Phil,

    Merci pour cette page.
    Je suis aussi adepte du bout lové en 8 autour de pouce et auriculaire mais j’utilise du bout lesté (âme en plomb).
    Je vois que tu as une ganse élastique ainsi que décrite dans la vidéo pour le rangement mais je vois aussi une longueur d’environ 1m du même élastique terminée par un mousqueton. A quoi cela te sert-il ? Posterais-tu une photo de ton parachute plié/rangé ?

    Je te remercie par avance de ton retour.

    Bien cordialement,

    Thomas.

    • Bonjour Thomas,
      Merci pour ton commentaire !
      L’utilisation du bout lesté est une très bonne idée, mais je suis resté sur un bout simple, car mon mousqueton est suffisamment lourd, de plus , il me permet d’accrocher facilement le parachute au bateau en retour de plongée. Le reste du sandow me sert à sécuriser le parachute roulé et à l’accrocher à un mousqueton de la stab (dans ma poche droite de stab en l’occurrence, ou en cas de voyage à un mousqueton quelconque…
      Le seul truc auquel il faut penser avant l’envoi est de “démousquetonner” le parachute ! 😉

      • Oups, oublié de préciser que bout lesté + mousqueton 🙂
        Une fois que tu as lové ton bout en 8, tu le positionnes sur le parachute roulé et tu passes juste ton sandow autour ou enroules-tu le parachute autour du bout lové en 8 ? (d’où ma requête de photo de ton parachute rangé ;-))

  5. Bonjour Philippe

    Merci pour ces conseils et cette démo hyper claire.
    Peux-tu m’indiquer où je peux me procurer les marquages utilisés en pneumatique pour les repères des paliers à 6m et 3m.
    Encore merci

    Maïté

    • Je pense que tu peux trouver tout ce que tu cherches dans un bon magasin de bricolage. Au besoin, réutilise la photo du post pour indiquer au vendeur ce que tu cherches !

  6. Bonjour, j’ai l’habitude d’utiliser l’inflateur de ma stab pour gonfler le parachute. Ca degonfle ma stab et en meme temps ca gonfle le parachute.
    Avant je faisait comme bon nombre de moniteur en utilisant l’expiration de ma bouche.
    Merci a vous pour tous ces bons conseils !!!
    Philippe

    • Philippe,
      En faisant ainsi (dégonfler ta stab en même temps que tu gonfles ton parachute), tu n’es plus équilibré et tu descends. Tu te retrouves alors à devoir gérer les 2 choses. Lorsque c’est pour un exercice, ça peut se faire sans trop de risque(quoique), mais en cas de détresse réelle, je suis plus perplexe!
      En tout cas, tous ces montages de parachute sont très intéressant. Je vais m’en inspirer dès ce week end!

      Merci

      • Merci Emmmanuel pour ton retour !
        Sans vouloir entrer dans un débat technique, le fait de dégonfler la stab pour gonfler le parachute va produire un volume plus important (grâce à Mariotte), je pense donc que cela va faciliter la remontée… En cas de détresse, j’ai tendance à laisser le parachute au second plan. En tout cas, bon test ce WE !

  7. Bonsoir,

    Tu as utilisé quoi comme boute ?

    Et concernant les repères tu te rappel pas de la marque ?

    Super idée

    Merci du partage d’expériences

  8. Merci pour cet article très intéressant. Effectivement une fois utilisé c’est quasi impossible de remettre l’octopus sauf si vous avez des astuces et là je suis preneuse 😉 J’avais entendu dire que c’était dangereux de gonfler le parachute à la bouche à cause du FOP. Vous en pensez quoi ?

    • Merci Tasha pour votre retour ! Non je n’ai pas vraiment d’astuce pour l’octopus… c’est piurquoi je préfère toujours le gonfler avec les bulles de mon expiration. Le seul point sur lequel il convient d’être vigilant(e) est de ne pas s’accrocher dans le bout quand on gonfle.
      Quand au rapport avec le FOP, je n’en vois aucun, en effet un FOP ne survient en général que lorsqu’on bloque sa respiration…
      Bonnes bulles

  9. Mille merci Phil pour cet article.
    Je passe actuellement mon N2 en Bretagne et grâce à toi, je comprends mieux comment choisir et préparer mon futur parachute. Je n’ai plus qu’à acheter le nécessaire.
    Maintenant je vais parcourir le reste de ton blog.
    Vraiment excellent, merci à toi

    • Merci pour ton retour Alexandre, je te souhaite une bonne lecture ! n’hésite pas à revenir vers moi directement si tu as des questions

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