Comment choisir et fixer son couteau de plongée ?

couteau EspadonLe poignard de plongée est un accessoire inséparable du plongeur dans l’imaginaire collectif, c’est en quelque sorte une image d’Épinal. Ainsi, on représente toujours le plongeur avec son couteau accroché au mollet, ce dernier servant aussi de support au tuba du plongeur ! Cette image, bien que ne correspondant plus trop à la réalité (à part chez quelques « anciens » plongeurs, est toujours très fortement ancrée et est en quelque sorte un archétype ! En allant dans vos magasins préférés, ou en furetant sur la toile, on peut facilement se rendre compte que l’offre du marché est très très imposante : on a que l’embarras du choix. Je me retrouve donc souvent confronté à mes stagiaires qui me posent la question classique : « qu’est ce que tu me conseillerais comme couteau ? » (Cette question est en fait assez générique, il suffit de remplacer couteau par gilet stabilisateur, combinaison, détendeur, ordinateur, … le tout est juste fonction du contexte !)… L’idée de ce petit billet est donc de rappeler brièvement pourquoi les plongeurs et plongeuses « s’embarrassent » avec cet accessoire, et de proposer quelques critères de choix pour vous aider à déterminer quel est le couteau de plongée qui vous conviendra…

À l’époque où j’ai commencé à pratiquer la plongée (il y a quelques semaines ), tout débutant se voyait doter dans son « paquetage » d’un poignard. Cet accessoire était jugé indispensable à la sécurité du plongeur. Aujourd’hui, l’approche est de fait très différente : le couteau de plongée est considéré comme un ustensile optionnel, beaucoup de plongeurs et plongeuses Niveau 1  n’en possèdent pas, et aucun Guide de Palanquée ni aucun Moniteur n’en exige la possession. Pour quoi cette évolution ? tout simplement, parce que la plongée s’est peu à peu démocratisée et transformée en sport de loisir et de plaisir, là où elle était un sport pratiqué par des « Happy-Few » soucieux de la performance physique et formés à la pratique de la survie. Il était donc logique que chacun dispose d’un couteau du genre de Paul Hogan dans le film « Crocodile Dundee » ! Non seulement ces couteaux étaient encombrants, difficiles à manier, mais en plus ils manquaient de tranchant ! À mes yeux, le seul côté positif de ces poignards était la qualité de l’inox de la lame. En effet, celle-ci ne rouillait jamais. Les choses ont bien changé (heureusement !) et aujourd’hui, on trouve de vrais couteaux dont le tranchant n’a rien à envier à des couteaux japonais et dont la maniabilité est telle qu’elle permet une utilisation quasi sans risque sous l’eau. Par contre, il est indéniable que la qualité de l’inox est par contre en berne par rapport aux couteaux fabriqués il y a une trentaine d’années.

Pour répondre à la question de savoir ou attacher son couteau de plonger, j’identifie quatre emplacements :

  • Classiquement, sur le mollet : c’est la position historique du poignard. On le place sur le mollet droit si on est droitier, et gauche si on est gaucher. Je n’aime pas attacher mon couteau à cet endroit, je trouve que c’est difficile de s’en saisir, pas pratique pour le ranger, et si on serre un peu trop la sangle haute, on s’expose à des crampes dans le mollet ! Bref, je ne suis pas fan !
  • Sur le bras : Cela parait une bonne idée, mais il faut faire attention à positionner le manche du couteau vers le bas de façon à extraire naturellement le couteau en tirant dessus. On place le couteau sur le bras opposé à la main directrice (bras droit si on est gaucher, bras gauche si on est droitier). comme précédemment, je ne suis pas hyper favorable à ce positionnement, car on a toujours un risque de se blesser, plus particulièrement quand on range le couteau dans son étui.
  • Sur le tuyau du direct-system : Là encore, il faut faire attention à bien positionner le couteau avec le manche vers le bas. Lorsqu’on veut le manipuler, la main directrice saisit le manche, et l’autre main tient le direct-system, ce qui sécurise la préhension. Cet emplacement n’est pas trop mal de mon point de vue, il faut juste faire attention en rangeant le couteau à ne pas endommager le tuyau annelé… L’intérêt de cet emplacement d’avoir toujours le couteau fixé, et donc de ne jamais oublier de l’emporter avec soi.
  • Sur la stab : La plupart des stabs du marché sont dotées, pour un grand nombre d’entre elles, de deux œilletons sur le côté gauche qui permettent l’installation d’un couteau, et en général, selon la marque il existe un couteau associé dont les fixations sont prévue pour s’adapter à l’écartement des œillets. Si la stab le permet, c’est pour moi le meilleur emplacement,  et comme précédemment, c’est un élément de moins dont il faut se rappeler quand on prépare son sac pour aller plonger !

Sur les critères de choix, j’en retiendrais cinq principaux :

  • Qualité de la fixation dans l’étui : il est primordial que le couteau soit correctement maintenu dans son étui et qui ne s’en échappe pas inopinément (ce qui est le cas malheureusement de certains couteaux d’entrée de gamme, spécialisés chasse sous-marine). De même, l’extraction du couteau doit être aisée et pouvoir se réaliser d’une seule main.
  • Qualité du métal de la lame ou du revêtement : Il faut toujours vérifier la qualité du revêtement inox de la lame afin de ne pas voir des points de rouille apparaître soit sur le fil de la lame, soit à la jonction entre la lame et le manche. D’autres couteaux subissent un traitement anti-reflet sur la lame qui leur donne un aspect noir mat. On trouve aussi des couteaux réalisés en alliage de titane. Dans tous les cas, n’achetez pas un couteau dont le vendeur vous recommande d’enduire la lame d’une couche de silicone, cela signifie à coup sûr une piètre qualité d’inox pour la lame.
  • Qualité du tranchant : Il ne suffit pas de passer son pouce sur le fil de la lame pour en apprécier le tranchant, munissez-vous d’une feuille de papier ou de carton pour tester la facilité du tranchage. On peut aussi vérifier avec un fil nylon pour voir la facilité avec laquelle on peut se débarrasser d’un fil de pêche qui s’accrocherait à votre combinaison. D’autre part, il est toujours intéressant d’avoir plusieurs types de tranchant sur une même lame (par exemple un côté lisse et un côté dentelé).
  • Présence d’éléments supplémentaires : Certains couteaux présentent des aspects intéressants comme un bout carré (qui évite d’avoir une lame pointue et qui apporte un côté sécurité supplémentaire, le bout carré peut permettre aussi d’utiliser le bout de la lame comme un ersatz de tournevis de secours), un ergot coupe-cable (ce qui est toujours intéressant car la section d’un fil de pêche n’est jamais si simple que cela) ou encore une masselotte (qui peut permettre d’utiliser le poignard comme un petit marteau)…
  • Maniabilité et prise en main : c’est un critère très subjectif, mais lorsque vous tenez le couteau en main, il doit être correctement équilibré, et être agréable à tenir.

J’identifie quatre types principaux de couteaux :

Le Sabre médiévalLe Mini-couteauLa DagueLa Cisaille
OrcaSqueezeMinilaserCisaille
C’est le type de couteau historique, avec une très grande lame, souvent avec un seul côté tranchant. Le représentant le plus connu est le fameux « Orca » de chez Cressi.C’est le type de couteau le plus courant aujourd’hui dans les magasins de plongée. Le représentant le plus emblématique est le « Squeeze » à bout carré de chez Aqualung.La dague se distingue du couteau classique par le fait qu’elle est pointue, effilée et a le même type de tranchant des deux côtés. Le « Mini Laser » de chez O.ME.R en est un bon exemple.Les cisailles se manipulent comme une paire de ciseaux sécurisés pour couper un câble et comme un couteau classique quand elles sont refermées. Le modèle le plus connu est le « Scissors » de chez Aqualung.

 

J’ai personnellement opté pour le mini-couteau Squeeze, je le trouve très maniable et agréable en main, de plus il n’est pas trop grand et facile à attraper en étant fixé sur la poche gauche de ma stab, mais cela ne représente bien entendu que mon choix personnel ! Je ne saurais que trop recommander à tout un chacun de bien s’entraîner à utiliser son couteau d’abord au sec pour couper du fil de pêche, tenter de couper un câble afin de bien savoir le manipuler dans l’air pour ainsi ne pas trop mal l’utiliser sous l’eau et donc ne pas se blesser ou ne pas blesser son partenaire et de déclencher un sur-accident. À titre personnel mon couteau me sert surtout à couper du saucisson après la plongée, et d’ailleurs je pense que c’est le premier usage qu’en tous les plongeurs et plongeuses de France et de Navarre !

Et vous, avez-vous d’autres critères de choix, utilisez vous d’autres types d’instruments tranchants, le placez-vous encore à un autre endroit quand vous vous équipez ? Merci d’avance pour vos retours !

 

6 réflexions au sujet de “Comment choisir et fixer son couteau de plongée ?

  1. L’article ne parle pas des easy-cuts et équivalents pourtant ceux-ci ont des avantages indéniables
    – Lame ultra coupante
    – Lame facilement changeable
    – Lame protégée donc on ne risque pas de se couper
    – Prix démocratique

    • Merci Tanguy !
      Effectivement, j’ai restreint le champ de l’article aux couteaux et poignards de plongée, néanmoins, les easy-cuts sont effectivement très utiles, mais restreints à un seul usage (difficile de couper du saucisson ou d’ouvrir une huitre avec) 😉

  2. Encore un bel article, sur un sujet ouvrant au débat….

    Je pense qu’au-delà de la notion de couteau, c’est la notion de « coupant » qu’il faut aborder. L’objectif de cet outil et de pouvoir aisément sectionner un boute, une sangle ou tout autre élément pouvant bloquer une progression, retenir un plongeur ou simplement abimer l’écosystème marin (ligne de pêche, filet, etc…)
    En ce sens, je pense que tu dois mentionner les outils de type Eezycut, qui sont plébiscités dans la plongée technique, et donc l’efficacité et la facilité d’utilisation en font une excellent alternative au couteau. De plus, les lames étant recouvertes, les risques de blessures collatérales sont très limités.

    Pour couper avec un couteau, il faut avoir une surface d’appui, ou au pire retenir l’autre partie à couper avec la main disponible. Avec un outil de ce type, tout peut se faire d’une seule main, et c’est là que nous allons évoquer une autre notion : celle du triangle de sécurité ou triangle de vie, cette zone qui est définie par les deux épaules et le nombril, qui est directement visible et accessible par les deux mains. Le coupant devrait donc se positionner dans ce triangle, l’idéal étant d’en disposer de deux, au cas où la main directrice se trouve en difficulté et que c’est elle qui doit être libérée.

    Maintenant, restons rationnels : de l’utilité du coupant dans nos plongées loisirs, je dirais que c’est plus pour se rassurer que pour un réel aspect sécuritaire. Je ne tiendrai bien évidemment pas le même discours pour des plongées plus engagées (tek, solo, sout,…)

    Pour ma part, mon Eezycut est fixé sur la sangle maintenant mon tuyau de DirectSystem, avec une belle dragonne jaune fluo, parfaitement visible par mon binôme, parce que là aussi, en plus de décrire son matériel au briefing, il est important de signaler la présence et d’expliquer l’utilisation d’un outil spécifique.

    • Merci Éric, je suis d’accord avec toi, dans nos plongées, l’objet tranchant et contondant est plutôt décoratif !
      Pour l’easycut, c’est un super outil (comme je l’ai dit à Tanguy aussi).

  3. Super article Philippe et le commentaire d’ Eric me va très bien.
    Très peu de plongeurs emportent maintenant leur tuba, donc le couteau sur le mollet support de tuba, on peut oublier.
    Perso, pour le saucisson ou autres gâteaux à couper , rien ne vaut un grand couteau, mais qui reste sur le bateau !

    • Merci Jacques ! Pour le tuba, j’aime bien la méthode américaine d’avoir le tuba solidarisé au masque. Pour le sifflard, oui une planche à découper qui flotte et le couteau qui reste sur la bateau !

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