Trucs et astuces : Comment bien se comporter lors d’une rencontre avec un squale

Grand requin blancDepuis que j’anime ce modeste blog, je tente de raconter mes voyages, d’apporter des retours d’expérience (bons ou mauvais) et de donner des conseils, des trucs et des astuces. Je fais partie de ces individus impressionnés par les grosses bestioles avec de grands ailerons, à savoir les requins. Ces animaux présentent une telle adaptation à leur milieu, ont un tel comportement de super prédateur qu’ils me fascinent totalement. À mon sens, j’ai eu de trop rares occasions de pouvoir en observer. Mis à part les squales bretons (nos très sympathiques grandes roussettes), je n’ai pu en observer que lors de voyages à l’étranger : un requin soyeux en balade au large de Shark Reef, un banc de requins marteau lors d’une croisière BDE, les requins indonésiens dans le parc de Komodo (et plus spécialement sur le site de Castle rock), « mon premier » requin baleine à Elphinstone… Quand j’échange dans mon entourage, je rencontre beaucoup de personnes craintives, voire terrorisées à l’idée de se retrouver « nez à museau » avec un requin ! L’idée de ce billet m’est donc venue de compiler et de restituer quels sont les bons comportements à adopter quand on rencontre un squale.

N’oublions pas que ces animaux restent des animaux sauvages, et pour la grande majorité d’entre eux des prédateurs, voire des super prédateurs. Il convient donc de rester prudent et circonspect lorsqu’on a la (trop) rare occasion d’observer un de ces Seigneurs des Mers.En effet, tout plongeur (homme ou femme), dès qu’il se retrouve à proximité d’un squale ressent toujours le grand frisson. Il faut dédramatiser la rencontre, faire attention à ce que l’on fait, adopter la bonne posture dans l’espace en fonction de l’espèce du moment de l’observation. N’oublions pas qu’ils restent malgré tout des animaux sauvages, prédateurs de surcroît !

Sur les côtes bretonnes on peut observer notre squale local : la grande roussette (Scyliorhinus stellaris), le requin pèlerin (Cethorinus maximus) et plus rarement le requin ange (Squatina squatina) (je n’ai pu observer ce dernier que lors d’une plongée à Tenerife aux Îles Canaries. Ces espèces sont plutôt placides et ne présentent pas de danger particulier pour l’espèce humaine, il suffit de ne pas les embêter (ne pas se mettre sur leur route, ne pas les poursuivre, ne pas les agacer) pour ne pas faire face à une réaction de défense de leur part.

Au Cap Vert, j’ai pu observer un requin nourrice (Ginglymostoma cirratum), c’est une espèce nocturne qui se cache dans des anfractuosités le jour. Au vu de sa taille (jusqu’à 4 mètres), il convient d’être prudent lorsqu’on peut en voir un, mais généralement ils restent très placides sur le fond.

Au cours de mes différents voyages dans des mers tropicales (Mer de Florès en Indonésie, et Mer Rouge en Égypte), j’ai pu observer plusieurs requins : le requin renard (Alopias vulpinus), le requin pointe blanche (Carcharhinus albimarginatus), le requin soyeux (Carcharhinus falciformis), le requin gris de récif ou requin dagsit (Carcharhinus amblyrhynchos), le requin pointes noires (Carcharhinus melanopterus), le requin marteau halicorne (Sphyrna lewini) et (ce qui reste actuellement mon meilleur souvenir d’observation d’un squale) le requin baleine (Rhincodon typus).

Le requin renard est une espèce très furtive qui vit plutôt sur le fond et qui a tendance à fuir dès le contact visuel avec le plongeur. Il ne présente donc strictement aucun danger pour l’homme. Il se sert de sa grande nageoire caudale comme d’un assommoir pour choquer les petits poissons qu’il chasse. Pourvoir en observer est plutôt rare !

Une très belle observation que j’ai pu faire est celle faite à Daedalus Reef, au cours d’une croisière BDE en Mer Rouge. J’ai pu y rencontrer des bancs de requins marteau halicorne. Ces requins sont craintifs et curieux. Un bon moyen de les attirer est de plonger avec une bouteille d’eau en plastique vide. En écrasant le plastique avec votre main, la bouteille produit un son qui, répété, intrigue ces requins, Ils viennent donc « au contact ». Je n’ai pas de recommandation particulière si ce n’est de garder ses mains près du corps et de rester le plus détendu possible (même si votre cœur bat la chamade !). Si on considère que le requin s’approche trop, il suffit de basculer en position horizontale, il effectuera au mieux un tour autour de vous pour jauger à quoi il a affaire et repartira. Ces requins, qui nagent de façon synchronisée en bancs (qui peuvent être compacts) sont vraiment fascinants.

Pour toutes les espèces de « carcharinus » que j’ai pu observer, il convient de rester prudent. La plupart de ces espèces peuvent présenter un comportement agressif si ils se sentent menacés. Comment détecter un tel comportement chez ce type de requin ? J’identifie trois critères à ce sujet :

  • La vitesse de déplacement : Un requin qui avance lentement est calme, celui qui va vite est énervé
  • Le changement de direction : Un requin qui change fréquemment de direction est passablement agacé, c’est un signe avant-coureur d’une potentielle « attaque ».
  • Le positionnement des ailerons : Quand les nageoires pectorales d’un requin sont plutôt à plat, c’est un signe de calme, dès que celles-ci sont plutôt orientées verticalement, cela traduit une posture de domination et d’énervement.

Si on se retrouve avec ces trois critères concomitants (ce qui ne m’est encore jamais arrivé), il semble qu’il faille se regrouper avec son ou ses binômes, ramener ses bras le long du corps et se mettre en position verticale. Cette posture de « défense » permet de toujours faire face au squale et d’appréhender ses mouvements. Une autre chose à faire est de sortir immédiatement de sa zone territoriale. Cette dernière est variable selon les espèces, mais en général il suffit de remonter ou de descendre un peu pour ne plus être perçu par l’animal comme un « perturbateur » ou un envahisseur. En clair il faut être attentif au comportement du requin, et si celui-ci commence à s’agiter de façon erratique, il faut monter son niveau de vigilance.

Cependant, n’oublions pas que nous portons du métal sur nous, que nous sommes assez gros sous l’eau (par rapport aux autres poissons), que nous ne ressemblons pas à une tortue, que nous faisons des bulles et du bruit, et que tous ces facteurs réunis sont des signaux effrayants pour un animal méfiant comme le requin en général !

Lors de ma dernière croisière en Mer rouge, j’ai eu l’immense chance de pouvoir « côtoyer » pendant quelques minutes un jeune requin baleine adulte (il devait faire dans les 7 mètres de long). Ce requin, inoffensif pour l’homme, présente un seul danger : sa taille. Sous un aspect débonnaire, il se déplace néanmoins très rapidement, et on peut vite s’essouffler à vouloir le suivre ! Il faut aussi prendre garde à ne pas trop l’approcher pour ne pas être heurté avec sa nageoire caudale bien entendu !

Si vous avez bien été attentifs, je n’ai pas cité le seigneur des océans dans la liste des requins que j’ai pu observer. En effet, je n’ai jamais eu la chance de pouvoir rencontrer un grand requin océanique (Carcharhinus longimanus), ou requin longimane ou plus familièrement longimanus. J’espère pouvoir en croiser un lors d’une prochaine plongée. Cette espèce est décrite comme « inquisitrice et opportuniste ». En clair, il vient voir de quoi il retourne et n’hésite pas à profiter d’une situation ! Plutôt que de faire un cours comportemental sur un requin que je n’ai jamais encore eu la chance d’observer, je préfère vous renvoyer vers un article de Steven Surina qui explique tout ça bien mieux que moi ! Il y a aussi le site Shark Education qui est une bonne source d’information

Et vous, avez vous déjà pu observer des requins en milieu naturel ? Avez-vous pu voir d’autres espèces ? Merci d’avance pour vos retours !

6 réflexions au sujet de “Trucs et astuces : Comment bien se comporter lors d’une rencontre avec un squale

  1. Merci pour ton article! Intéressant comme toujours! Perso je n’ai vu que des pointes noires, blanches et des requins- nourrices aux Maldives. Ah oui et j’ai vu le requin barbu à Raja Ampat! Mais je ne les jamais vus d’assez prés pour me sentir menacée. Tellement hâte de voir un requin baleine! La vidéo du tien était top!

    • Merci Anne ! Je n’aurais jamais imaginé en voir un d’aussi prêt ! Mon ami Romain, moniteur au centre de plongée Excelsus à Saint-Leu à La Réunion (sur le site de la Pointe au Sel) en a vu un de très belle taille ! la preuve en images !

  2. Merci pour cet article Philippe.
    Petite contribution de ma part : j’ai également eu l’occasion de voir des pointes noires ou blanches. J’ai également vu des marteaux aux Maldives et en Indonésie.
    En Thaïlande j’ai eu l’occasion de croiser un requin Léopard : plein repos sur le fond (une trentaine de mètres) il a gentiment posé quelques minutes pour me permettre quelques photos puis il m’a magistralement tourné le dos pour partir se reposer plus loin. Je pense que je me suis trop approché et que je l’ai dérangé dans sa douce quiétude… Il ne présente donc pas de danger pour l’homme.
    Lors d’une croisière plongée aux Galapagos, bien sur nous avons croisé quelques marteaux halicornes, mais malheureusement pas les grands bancs tels que vu sur les photos ! Par contre nous avons croisé un groupe de requins endémiques, dits « requins des Galapagos » : très grosses bêtes que nous avons admiré quelques temps. Mais ils sont semblé s’énerver et nous avons donc décidé de faire prudemment demi-tour…
    Ma plus grande déception dans la matière : lors d’une plongée en Indonésie ma femme a vainement essayé de m’appeler pour que je puisse voir sa majesté : le REQUIN BALEINE… Mais pas de chance car obnubilé par une minuscule crevette que je photographiais… je n’ai pas vu la majesté. Excellente raison pour y retourner…
    Amitiés à tous les amoureux des sharks

  3. Salut …intéressant !
    ceci dit comme je le dit souvent ..les requins on les voit le plus quand on ne voudrai pas …et Inversement !
    Et c’est tout particulièrement vrai de mon préféré hors requin-baleine ..le longimanus .
    Perso malgré mon attraction je suis content de ne pas l’avoir vu de près.
    C’est un pélagique qui vit dans les déserts océaniques et l’évolution lui a appris a ne jamais saute un
    repas qui s’offre a lui d’où sa triste réputation de fossoyeur de naufragé . Brrrr!

    Ma petite contribution aux comportements a rechercher lors de contact avec les requins :
    la mâchoire ! …si elle s’ouvre et se ferme a votre proximité c’est supposé ne pas être très bon
    Il est conseille de sortir de l’eau le plus rapidement et calmement possible.

    Un autre « signe » chez les requins territoriaux , on peut observer une sorte de « danse » faite
    de brève contorsion , c’est un signe menaçant envers l’intrus ( vous ! ) il est, là encore, conseillé de sortir bla bla .
    voili !
    Bonne bulles !

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