Trucs et astuces : Dans quel ordre faut-il s’équiper ?

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10–16 minutes

03/03/2026

J’ai réalisé récemment une séance de validation en piscine pour des stagiaires Niveau 1, et j’ai été surpris en les voyant s’équiper. En effet, ils passaient leur scaphandre avant le reste de leur (maigre en piscine) équipement. Nous avons eu alors un rapide échange et je me suis rendu compte que tout n’était pas encore limpide dans leur esprit. C’est donc tout naturellement que l’idée de ce billet m’est venue pour revoir dans son ensemble l’ordre préférentiel dans lequel il convient de s’équiper. J’espère que cela pourra aider les débutants (que nous avons tous été) à avoir les idées plus claires, et que les plongeuses et plongeurs plus aguerris y verront là une petite liste sympa à consulter !

S’équiper pour plonger, ce n’est pas seulement enfiler du néoprène, porter un bloc comme un déménageur motivé, et sauter à l’eau en pleine mer alors que le bateau est en parfait état de fonctionnement ! Personnellement, j’assimile cela à un rituel qui met mon esprit en mode « immersion », et c’est surtout une routine de sécurité qui doit permettre de mettre toutes les chances de son côté pour réaliser une belle plongée. Cette « procédure », bien réalisée, garantit confort, efficacité et sérénité. Mal réalisée, vous risquez (au mieux) d’offrir un spectacle gratuit à tout le bateau, ou (au pire) de vous mettre dans une situation inconfortable voire dangereuse. Voici donc, pour illustrer mon propos, deux rapides anecdotes qui me sont arrivées, parce que je n’avais pas bien respecté mon rituel d’équipement :

  • L’oubli des palmes : En 2019, lors de mon deuxième voyage en Indonésie, nous plongeons sur le site de « Tatawa Besar » en Indonésie. Je suis tellement impatient de plonger de nouveau sur ce site réputé que j’en oublie mes palmes et saute à l’eau devenant immédiatement la risée de tout l’équipage !
  • Le bloc mal ouvert : En 2022, ma binôme préférée et moi repartons en Mer Rouge avec nos deux filles pour une croisière SuperMix (ma préférée de toutes). Après plusieurs péripéties (dues à mon excitation et à ma précipitation – je détaille tout dans cet article), je me retrouve à environ dix mètres de profondeur, je me rends compte que mon bloc est très certainement mal ouvert, car je ventile très difficilement. Je crache alors mon détendeur (sans réfléchir à vérifier si mon détendeur de secours est ouvert) et je remonte en expiration à la surface. J’ai frôlé la correctionnelle !

On le voit, il faut garder son calme et appliquer le rituel simplement, et strictement ! J’ai donc défini un ordre logique avec un moyen mnémotechnique pour s’en souvenir (S-C-I-M-P-P-R-E), et j’essaie de m’y astreindre. Il se trouve qu’il convient parfaitement à tous types de bateaux (par contre, il n’est pas tout à fait adapté aux plongées du bord), je vais vous le détailler largement dans la suite :

Méthode SCIMPPRE
Lettre S

Gréer son scaphandre

Avant de penser à enfiler quoi que ce soit, il faut préparer « le matériel lourd ». C’est important de la faire très tôt car s’il y a quoi que soit qui ne va pas (une fuite sur un détendeur, un flexible défectueux, un deuxième étage qui fuse…), il est plus facile de réparer à terre, il y a toujours un plongeur qui vient plonger en amenant sa boite « SOS » ! Une fois le bloc gréé, on ouvre le robinet et on effectuer les quatre vérifications d’usage : détendeur principal, octopus, direct-system et manomètre.

  • Fonctionnement des détendeurs : On inspire une ou deux fois sur chaque détendeur pour vérifier leur bon fonctionnement (je préfère cela à les faire fuser, c’est plus discret, et ça évite qu’ils ne partent de débit continu).
  • Manœuvre du Direct-System : On gonfle un peu le gilet, on prête l’oreille afin de détecter une éventuelle fuite d’air, et on manœuvre au moins la purge haute. Le mieux est de purger par l’inflateur, puis par les deux purges rapides.
  • Vérification du manomètre : On regarde la valeur du manomètre de façon à ne pas partir plonger avec un bloc à moitié plein ou pire, à moitié vide !

Une fois ces vérifications réalisées, on referme le robinet. Cela permet au détendeur de rester en pression, et donc de ne pas se dévisser du robinet, et si le deuxième étage se met en débit continu, il n’y a que peu de gaz à évacuer. On jette alors un coup d’œil rapide au manomètre. Si on voit l’aiguille descendre, c’est qu’il y a une petite fuite que l’on n’avait pas détecté. On a alors tout le temps pour remédier aux éventuels aléas qu’on aura rencontrés.

Lettre C

Enfiler sa combinaison

On me pose souvent la question, pourquoi ne pas le faire en premier ? Comme vous l’aurez constaté, il ne sert à rien de se prêter à cet exercice physique qu’est l’enfilage de la combinaison, si on ne s’est pas assuré préalablement que le scaphandre n’est pas en parfait état de marche ! La combinaison, c’est l’étape où l’on découvre deux choses : Le néoprène n’a aucune pitié avec vous, et on transpire plus en l’enfilant qu’en nageant !

En plein été, je conseille de ne pas enfiler sa combinaison trop tôt, ou sinon, c’est la surchauffe garantie ! Je conseille également de vérifier assez attentivement l’état du vêtement et des éventuelles fermetures éclair existantes pour ne pas avoir de mauvaises surprises comme une déchirure, ou un zip qui casse au moment fatidique ! Si vous n’êtes pas confortable après avoir enfilé votre combinaison, c’est que quelque chose ne va pas, il vaut mieux tenter d’identifier la source de l’inconfort pour l’éliminer plutôt que de se dire que ça va passer (ça ne passe jamais, voire ça empire !)

Enfilage d'une combinaison de plongée

En tout cas, si vous avez perdu deux kilogrammes quinze minutes après avoir enfilé votre combi, ou que vous que vous avez transpiré l’équivalent d’un demi-litre d’eau, c’est que vous l’avez mise trop tôt !

Lettre I

Fixer et vérifier ses instruments

Ordinateur de plongée porté au poignet gauche

Après avoir revêtu vos habits de lumière, c’est le moment idéal pour vous « accessoiriser » ! On passe l’ordinateur au poignet, ainsi que le compas (sauf bien sûr si votre ordi assure aussi cette fonction, ce qui est le cas de plus en plus d’ordinateurs du marché). Je conseille toujours de mettre l’ordi et le compas sur le même avant-bras (droite ou gauche), car cela simplifie la vie pour lire le cap et la profondeur courante d’un seul coup d’œil.

Si vous avez une tablette de notation (je préconise de privilégier les tablette dites « de poignet », ça évite d’avoir un truc supplémentaire qui pendouille), passez là sur l’avant-bras avec lequel vous n’écrivez pas (si vous être droitier, vous mettez la tablette sur l’avant-bras gauche, on fait le contraire si on est gaucher).

Je conseille de démarrer manuellement son ordinateur afin de vérifier préalablement son bon fonctionnement, et de vérifier que le compas est bien fonctionnel, ça évite de mauvaises surprises à l’immersion !

Lettre M

Préparer son masque

Quoi de pire que de se rendre compte qu’on a oublié son masque dans le sac de plongée, alors que le bateau a déjà quitté le port ? Au mieux, le Directeur de Plongée aura un masque en surplus qu’il pourra vous prêter, au pire, vous serez venus sur le bateau pour rien d’autre qu’une petite balade en mer ! C’est pourquoi je conseille de mettre son masque autour du cou de suite après avoir enfilé sa combinaison et fixé ses instruments.

Masque de plongée

Je dis bien le masque « autour du cou » et pas sur le front. Tous les plongeurs et les plongeuses certifiés connaissent le fameux dicton (je crois savoir qu’il est de Confucius) : « Masque sur le front, masque au fond » !

Et le tuba dans tout ça ?

Il est possible que je fasse crier un certain nombre d’entre vous, mais je l’avoue, je ne plonge plus en emportant un tuba avec moi. Je me rappelle l’époque où on fixait celui-ci sur le mollet entre les sangles du couteau de plongée « Orca » (que chaque plongeur qui se respectait se devait de posséder). Ensuite est venue la mode du tuba pliable qu’on pouvait facilement mettre dans la poche de la stab. Aujourd’hui, je ne vois plus l’utilité d’en prendre un avec moi, tant nos gilets nous permettent de nous maintenir en surface la tête largement hors de l’eau. Les écoles de plongée récréatives poussent leurs élèves à fixer le tuba au masque pendant l’apprentissage d’un brevet, et après, plus aucune recommandation n’est effectuée. La FFESSM ne donne aucune consigne sur ce point. Il s’agit donc d’un choix purement personnel.

Lettre P

Enfiler ses palmes

Lorsque le bateau est arrivé sur le site de plongée, une certaine effervescence règne sur le pont ! On voit les plongeurs autonomes s’activer pour être parmi les premiers à sauter du bateau et profiter du site avant les autres en espérant ne pas avoir à subir le palmage intempestif d’un plongeur devant soi, qui ruine toute la visibilité !

Palmes de plongée

Comme on se trouve dans la phase de préparation active de l’immersion, je conseille de mettre ses palmes avant tout autre chose : si par mégarde on glisse, et qu’on passe par-dessus bord, on dispose d’un moyen de propulsion efficace pour revenir au bateau et remonter à bord (je confirme que nager en combinaison sans les palmes n’est pas des plus aisé, comme je l’ai évoqué avec ma première anecdote !).

Que l’on soit sur un semi-rigide, ou un bateau plus classique, je conseille de bien ranger ses palmes près du scaphandre, et de les passer au pied de façon à être prêt pour la suite. Il ne faut pas hésiter à demander de l’aide, il n’y a aucune honte à éprouver des difficultés, l’espace peut être exigu (comme sur un zodiac) et notre mobilité réduite, du fait du port de la combinaison de plongée. Il faut éviter de marcher avec, le pingouin pressé n’est pas un modèle de stabilité.

Lettre P

Se lester avec juste ce qu’il faut de plomb

Quand on début en plongée, on utilise en général un gilet stabilisateur fourni par le club. En général, ces stabs ne disposent pas de poches à plomb, aussi il faut recourir à l’usage d’une ceinture de plomb.

La règle d’or est de ne passer la ceinture de plomb autour des hanches qu’après avoir mis ses palmes au pied, pour une raison évidente de sécurité. Si vous avez la chance d’utiliser un gilet avec des poches dédiées, mettez-les à profit, vous gagnerez en confort, et pour remonter sur le bateau, il est quand même beaucoup plus facile de retirer les poches à plomb de sa stab qu’une ceinture autour des hanches !

Plongeur passant sa ceinture de plomb

Je conseille (mais ce n’est que ma vision) de privilégier les ceintures avec un largage rapide, plutôt que les ceintures « marseillaises » avec une boucle classique. Je ne reviens pas sur la question du bon lestage, j’avais consacré il y a quelques années un article sur ce sujet. De même, pour vous aider à vous orienter dans le choix d’une ceinture ou de poches à plomb, vous pouvez consulter ce billet.

Lettre R

Ouvrir le robinet du bloc

Comme on est quasiment tout équipé, le temps est maintenant venu d’ouvrir son bloc.

Détendeur monté sur un bloc de plongée

Je conseille d’ouvrir le bloc (on tourne le robinet dans le sens inverse des aiguilles d’une montre) jusqu’à la butée, on s’arrête immédiatement et on ne force pas sur la poignée. Pour ma part, je considère que la pratique obsolète du 1/4 de tour en arrière vient des anciennes robinetteries (Celles qu’on avait sur les blocs au Moyen-Âge, dans les années 80) et qui étaient très fragiles. On craignait qu’elles se bloquent ouvertes en butée, ou qu’elles s’abîment si elles étaient forcées à fond. On reculait donc légèrement pour soulager la pression sur les joints internes. De nos jours, les robinetteries modernes restent du matériel de précision mais ne présentent plus ces risques.

De plus, le 1/4 de tour crée de la confusion (robinetterie bien ouverte ou presque fermée ?) et a été à l’origine d’incidents en plongée. Cependant, on peut ne pas être d’accord avec moi, je respecte tous les avis.

Pour vérifier que le robinet est bien ouvert, on effectue trois cycles ventilatoires sur le détendeur principal ou l’octopus, tout en regardant le manomètre. Si l’aiguille bouge, c’est un signe d’alerte sur le fait que le robinet n’est pas correctement ouvert. Plonger comme ça, c’est comme respirer au travers d’un capuchon de stylo !

Lettre E

Enfiler son scaphandre : la dernière grande étape

Ça y est, nous sommes quasiment arrivés au bout du rituel. Il ne reste plus qu’à enfiler le gilet stabilisateur sur les épaules ! Sur un semi-rigide, il faut positionner le scaphandre sur le boudin du navire, se contorsionner un peu et c’est gagné. Sur les bateaux plus gros, en général, on peut s’asseoir sur le banc où sont rangés les blocs et passer les sangles de manière un peu plus confortable.

Scaphandre de Plongée

C’est le moment de mettre le gilet gréé sur le dos. L’ordre que je recommande est le suivant :

  • Passer le bras gauche et le bras droit dans les sangles (dans l’ordre que l’on préfère).
  • Fixer la sangle ventrale et la serrer un peu.
  • Serrer les sangles d’épaule en tirant vers le bas chacune d’entre elle avec les pouces passés dans leurs anneaux.
  • Fixer la sangle pectorale (si elle existe) sans trop la serrer, on doit pouvoir passer le poing fermé en dessous, et elle ne doit pas contrarier une ventilation dans le haut des poumons.
  • Ranger ou accrocher son octopus à l’endroit que vous avez prévu (en tout cas, dans ce que j’appelle le triangle de vie, c’est à dire entre les épaules et le nombril).
  • Ranger ou accrocher votre manomètre de façon à ce qu’il soit lisible en coup d’œil.
  • Se lever en faisant attention, et réajuster les sangles d’épaule et la sangle ventrale.
Check-List

Le check final avec le binôme et/ou son guide

C’est le grand moment, vous allez sauter du bateau ou basculer dans l’élément liquide, mais il reste une dernière série de vérification à faire avec votre binôme, ou celui (ou celle) que j’appelle le régulateur de palanquée (avec mon ami C., nous avons systématisé ce rôle lors de nos sorties plongées, depuis que nous l’avions découvert au Centre ISA de Crozon-Morgat. Toutes les palanquées partent à l’eau beaucoup plus sereinement). Il s’agit de vérifier que tout est ok : les blocs sont ouverts, le masque est sur le visage, les détendeurs sont fonctionnels, il n’y a rien qui pendouille, les palmes sont au pied.

Conclusion

En conclusion…

Vous l’aurez bien compris, s’équiper dans le bon ordre, c’est plus simple, plus sûr, et plus confortable… Et surtout ça évite de devenir la star involontaire du bêtisier du club ! Dans tous les cas, si vous le devenez si vous l’avez un jour été (comme moi), gardez le sourire et votre bonne humeur, faites contre mauvaise fortune bon cœur, personne n’est infaillible, pas même le moniteur le plus aguerri ! Et puis n’oubliez pas : nous plongeons pour prendre du bon temps et du plaisir ! De votre côté, avez-vous votre propre rituel de mise à l’eau ? Merci par avance pour vos retours !

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