À la suite de mon article précédent, mon ami M., responsable matériel de mon club est venu vers moi en me posant la question : « dis-moi, tu n’aurais pas écrit un article sur ton blog qui explique comment rincer le matériel ? On aurait besoin de faire des rappels ! J’étais persuadé avoir déjà évoqué ce sujet, et grande fut ma surprise de constater que non, je n’avais jamais traité ce thème, qui pourtant peut être vu comme un serpent de mer ! Je me suis donc attelé à la tâche et je vous propose un article (que j’espère très complet) sur cette matière !
Le rinçage du matériel couvre l’ensemble de notre équipement, depuis le kit PMT, la combinaison, le gilet stabilisateur, le détendeur, et le « petit matériel » (parachute, phare, bouts, appareil photo, ou encore caméra, …). C’est une étape indispensable de l’entretien du matériel, qui permet de garantir une bonne durabilité de votre équipement. Voici donc mes préconisations, matériel par matériel. Pour chaque élément, je détaillerai (s’il y a lieu) dans la suite le nettoyage « courant », ainsi que le nettoyage « approfondi », qu’il convient de faire en fin de saison (avant de remiser votre matériel du fait qu’il ne va plus servir avant quelques mois), ou après un stage intensif de plongée (comme une sortie club sur plusieurs jours, ou des vacances plongée, comme une croisière en Mer Rouge par exemple). J’apporte cependant un bémol, sur une journée de plongée où on effectue deux immersions, il n’est pas réellement nécessaire de rincer le matériel entre les deux plongées. Le rinçage ne sera vraiment utile qu’en fin de journée, pour éviter que le sel, ou les impuretés ne s’incrustent. Il y a une règle d’or avec laquelle il ne faut pas transiger : après le rinçage, tout le matériel doit impérativement sécher à l’ombre (même si cela prend plus de temps !) et dans un endroit bien ventilé, ce pour éviter un vieillissement accéléré de votre équipement, du fait de l’exposition aux rayonnements UV.

Le rinçage de la combinaison
Le nettoyage courant
Il est important de bien rincer à l’eau du robinet systématiquement votre combinaison après chaque plongée. Personnellement, je le fais même après avoir plongé en eau douce. Pour ce faire, il suffit de mettre la combi à l’envers, et de l’arroser abondamment aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Dans certains centres de plongée, on dispose d’un bac, c’est donc encore plus simple, on immerge le vêtement et on le laisse s’égoutter. Si votre combinaison est dotée d’une fermeture éclair (qu’elle soit métallique ou plastique), pensez à porter un soin particulier au rinçage de cette zone (et à la lubrifier régulièrement, environ toutes les cinq ou six plongées).
Veillez aussi à utiliser des cintres bien formés (du type de celui en photo) pour éviter de déformer le néoprène (les matériaux actuels sont extrêmement souples et « marquent » énormément). Pour le séchage, il est important de faire d’abord sécher l’intérieur, puis de la remettre à l’endroit et de laisser sécher l’extérieur.
Le nettoyage approfondi
Ce nettoyage vise à éliminer tous les micro-organismes qui se plaisent dans les « plush » intérieurs des combis, ou sur la surface refendue intérieure du vêtement. Plusieurs copains passent leur combinaison à la machine à 30°C avec de l’adoucissant (mais sans essorage !) et la font sécher. C’est une technique qui marche bien, mais j’ai opté pour le trempage de trente minutes avec un produit bactéricide, qui renforce l’hygiène du vêtement. Je connais plusieurs produits qui sont intéressants, j’en recommanderai ici trois, car ils me paraissent les plus performants du marché (pour rappel, je n’ai pas d’intérêt personnel pour une marque ou une autre) :
| Produit | Normes | Rinçage |
Prix (pour 5 litres) |
Écologie | Désinfection | Odeurs |
![]() Abyssnaut SeptiOne Néoprène |
Bactéricide (EN1276), virucide (EN14476) et fongicide (EN1650) | Oui | 75,00 € |
««««« |
««««« |
««««« |
![]() Aquatys Septi+ |
Bactéricide (EN1276), virucide (EN14476) et fongicide (EN1650) | Oui | Environ 120,00 € |
««««« |
««««« |
««««« |
![]() NST Bacterless |
Bactéricide (EN1276) et virucide (EN14476) | Non | Environ 45,00 € |
««««« |
««««« |
««««« |
À titre personnel, j’utilise le Bacterless depuis plus de quinze ans. Ce produit ne nécessite pas de rinçage, est plutôt respectueux de l’environnement, fait le boulot, et se positionne bien en termes de prix.

Le rinçage du gilet stabilisateur
La stab est un composant primordial de l’équipement de notre scaphandre. La complexité d’assemblage des différentes pièces qui la compose permet facilement aux résidus salins ou aux saletés de s’accumuler. Il faut donc être particulièrement méticuleux pour le rinçage.
Le nettoyage courant
Pour bien rincer sa stab, il faut ouvrir les poches et arroser consciencieusement toutes les parties la composant, en faisant attention aux parties « cachées » (notamment l’intérieur des poches). De plus il faut bien rincer l’inflateur en le manipulant, ainsi que les purges. Il faut également rincer soigneusement les sangles pour ne pas qu’elles se durcissent avec du sel qui reste incrusté. Quand la stab est rincée, il faut la suspendre sur un cintre pour qu’elle s’égoutte.
Il existe plusieurs modèles de cintres, j’aime bien celui dont je joins l’illustration car la stab ne risque pas de glisser, sa conception est bien solide et rigide, et on peut également y adjoindre les détendeurs de manière sécurisée. De plus le prix (10,00 €) est tout à fait compétitif. J’avais acheté le mien il y a quelques années au Salon de la Plongée sur le stand des « hollandais volants » (véritable caverne d’Ali Baba pour le petit matériel à prix bradé). Je ne m’en suis jamais séparé !
Le nettoyage approfondi
En fin de saison, ou deux fois par, il est de bon de rincer l’intérieur de la stab. Pour cela, je préconise la remplir avec de l’eau claire au 2/3 (soit 10 litres pour ma stab Aqualung Axiom i3), à laquelle il faut ajouter un peu de savon noir (quelques gouttes suffisent). Il faut ensuite un peu la secouer pour aider à dissoudre le savon noir et laisser reposer au moins trente minutes. Cela va permettre de bien dessaler l’intérieur de la bouée du gilet, et lui permettre de garder toute sa souplesse. C’est aussi le moment d’en profiter pour bien rincer l’intérieur du gros tuyau de l’inflateur en y introduisant de l’eau par la purge lente. Au bout du temps imparti, on vide entièrement la stab, et la laisse sécher en démontant les purges (si c’est facile à faire) pour bien ventiler l’intérieur de l’outre de gonflage. Quand tout est bien sec, on peut remonter les purges et ranger la stab bien au sec.

Le rinçage du détendeur
le détendeur est un élément de l’équipement qui ne nécessite pas explicitement de nettoyage approfondi en vue du remisage. Il suffit de bien rincer le premier et le deuxième étage après chaque immersion. Il faut cependant faire attention bien obturer l’orifice en contact avec la robinetterie du bloc, de façon à éviter que l’eau ne pénètre à l’intérieur du premier étage. Certains détendeurs Aqualung sont dotés du système « Auto Closure Device » (ACD) est une technologie propriétaire Aqualung, qui ferme automatiquement l’entrée du premier étage dès qu’il est déconnecté du robinet, empêchant eau et polluants d’entrer. Pour ces détendeurs (Core, Helix Pro, Legend) il n’est donc pas nécessaire de mettre un bouchon (si vous avez un détendeur Aqualung, et si vous n’êtes pas sûrs, mettez-le !).
Ma recommandation pour le rinçage est d’utiliser une caisse plastique (comme sur cette photo) que l’on remplit d’eau claire et dans laquelle on fait tremper l’ensemble du détendeur pendant cinq à dix minutes. De mon point de vue, c’est plus efficace que le rinçage au jet. En fin de saison, on peut ajouter quelques gouttes de savon noir à l’eau de rinçage pour bien nettoyer à fond le détendeur, il suffira d’un deuxième rinçage rapide au jet, et ensuite on suspend le détendeur à une des attaches du cintre utilisé pour la stab, et on laisse le tout s’égoutter tranquillement !

Le rinçage du bloc
De même que le détendeur, le bloc ne nécessite pas de nettoyage particulier pour l’inter-saison. De toute façon, il sera inspecté annuellement par un T.I.V. (Technicien en Inspection Visuelle), ce dernier vérifiera son état intérieur et extérieur, et décidera des actions éventuelles à mener (sablage intérieur, peinture, …) par une entreprise spécialisée (pour mon club, les Extincteurs Nantais). Pour rincer le bloc, on se contente de faire couler de l’eau claire sur la robinetterie, et l’ensemble de l’extérieur de la bouteille, de façon à éliminer les résidus de sel (comme ça, on protège la peinture, elle ne cloquera pas).

Le rinçage du kit PMT
Le nettoyage courant
Le kit PMT se rince très simplement, on fait tremper le masque et le tuba dans le bac de rinçage qu’on a utilisé pour les détendeurs. Pour les palmes, un petit coup de jet est juste nécessaire. J’ai pris pour habitude de faire sécher mon masque sur l’égouttoir de l’évier.
Le nettoyage approfondi
Pour celles et ceux qui, comme moi, continuent de cracher consciencieusement dans leur masque pour éviter la formation de buée, on peut constater des dépôts noirs qui s’accumulent dans les recoins inaccessibles du masque. Ces dépôts ne sont rien d’autre que des moisissures issues de bactéries présentes dans notre salive. Il est toujours bon d’éviter que ces traces noires ne prolifèrent. Pour les ôter, je préconise de faire un premier nettoyage avec un cure-dent pour enlever le plus gros, et ensuite de faire tremper l’intérieur du masque dans une solution de vinaigre ménager dilué dans de l’eau tiède (un volume de vinaigre pour deux volumes d’eau par exemple), et de terminer par un petit brossage avec une brosse à dents (dédiée à cet usage !). Si le masque est démontable (comme mon Scubapro Zoom par exemple), cela facilite grandement le nettoyage car on peut s’occuper de chaque élément unitairement (jupe, verres, …).

Le rinçage du reste du matériel
Ce que j’appelle le « reste du matériel » comprend le parachute de palier, l’ordinateur de plongée, le phare de plongée, la longe de palier, l’ardoise de notation immergeable, et bien sûr le sac de plongée… Pour tous ces éléments, il n’est pas vraiment nécessaire d’effectuer un nettoyage approfondi avant remisage. Par contre, le rinçage régulier et minutieux est une nécessité !
L’ordinateur et le phare de plongée
On est là face à des composants importants (et couteux) de notre équipement. Idéalement, le phare et l’ordinateur partent faire trempette dans le bac de rinçage des détendeurs. En général je les laisse tremper une bonne trentaine de minutes. Périodiquement, je passe un coup de brosse à dents sur les contacts humides de l’ordinateur, afin d’éviter leur encrassement (j’ai souvenir de mon vieux Vyper qui se mettait tout seul en route à cause de micro-organismes qui proliféraient dessus !). Pour le phare, je n’ôte les piles qu’après le rinçage et le séchage pour éviter toute intrusion d’eau (douce ou salée) à l’intérieur. J’ai la chance de posséder un phare avec quasiment trois heures d’autonomie, ce qui me permet de faire 2 à plongées par jour sans avoir à l’ouvrir pour changer les accus.
Le reste du matériel
Pour le reste du matériel, un rinçage classique au jet, ou en trempage dans la caisse idoine est largement suffisant… Je rince systématiquement le bout du parachute pour le garder souple, et je le fais sécher « déroulé » (aussi bien le bout que le parachute). Et je n’oublie mon sac de plongée dont je rince abondamment aussi bien l’extérieur que l’intérieur, en insistant bien sur la fermeture éclair !

En conclusion…
Vous l’aurez constaté, il n’y a rien de sorcier dans le rinçage, il suffit d’être méticuleux et de le faire après chaque sortie plongée. L’ennemi du matériel est bien connu, c’est le sel de l’eau de mer qui sèche et qui « cuit » littéralement le matériel dans lequel il s’incruste. Il faut donc être très vigilant et réellement prendre son temps pour éliminer toutes les traces résiduelles de sel. Si vous faites cela, votre matériel pourra durer de très nombreuses années, sans accuser de traces d’âge ! De votre côté avez-vous des trucs particuliers, autres que ceux énoncés dans l’article ? Merci par avance pour vos retours !






