Mousquetons et manilles : Comment les choisir et pour quels usages ?

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9–13 minutes

17/06/2026

Les mousquetons et les manilles sont de petits accessoires, mais qui ont une très grande importance et un fort impact sur le confort et la sécurité du plongeur. En effet, ne pas choisir le bon système d’accrochage peut entraîner une perte matérielle (j’ai déjà vu des phares tomber au fond de l’eau en remontant sur le bateau, parce que le mousqueton choisi s’était ouvert « tout seul »), ou un accrochage involontaire, voire un blocage pouvant déclencher une mise en danger dans une situation d’urgence. Mon ami C. m’a soufflé l’idée de cet article afin de guider les plongeurs dans un choix de matériel fiable, adapté et sécurisé. Comme d’habitude, je ne prétends pas détenir la vérité unique, et je n’apporte ici que mon humble vision et je suis preneur de vos compléments ! Je vais tout d’abord bien préciser les différences entre manilles et mousquetons, pour ensuite passer en revue les différents modèles de chaque, pour enfin indiquer ceux à absolument éviter. Je terminerai mon billet en donnant quelques exemples d’utilisation.

Différence

Quelles sont les différences entre une manille et un mousqueton ?

Une manille est un connecteur fixe, très solide, sécurisé, conçu pour rester en place, tandis qu’un mousqueton est un connecteur rapide, pratique, conçu pour être ouvert/fermé fréquemment, mais moins sûr mécaniquement.

Les manilles

Les manilles assurent une connexion permanente ou quasi permanente. Elles sont idéales pour relier deux éléments qui ne doivent pas se détacher, supporter des charges lourdes, résister à l’eau salée, et éviter tout ouverture accidentelle. On les met en place une fois, et on n’y touche plus (sauf pour une phase d’inspection pendant l’entretien).

Une manille est composée de la façon suivante :

  • Le cadre : C’est la partie principale
  • L’axe : C’est un élément amovible qui permet de fermer la manille. Il est en général fileté à une extrémité. Il existe des axes qui se ferment par un forçage mécanique (on parle alors de manilles automatiques).
  • Les oreilles : Ce sont les deux trous dans lesquels on fait passer l’axe.
  • La mâchoire : C’est l’ouverture entre les deux oreilles.
  • La tête de l’axe : C’est l’extrémité opposée au filetage. Il y a une petite poignée pour le manipuler et en général un trou (autrefois, on sécurisait l’axe avec une garcette. Les manilles actuelles ne permettent plus de séparer l’axe du cadre.
Composants d'une manille

Une manille peut avoir plusieurs formes : en U (on les appelle aussi « manille droite »), en lyre, vrillées, ou à barrette. Pour notre activité, je conseille de faire simple, et de ne recourir qu’à des manilles droites ou des manilles lyre et de n’utiliser que des axes à vis (c’est à dire proscrire les manilles automatiques, les axes à goupille ou à boulon, ainsi que les manilles à barrette). Les manilles à émerillon peuvent présenter un intérêt, mais le surcout est souvent rédhibitoire.

Manille Droite

Manille
droite

Manille Lyre

Manille
lyre

Manille vrillée

Manille
vrillée

Manille à émerillon

Manille
à émerillon

Manille à barette

Manille
automatique
à barrette

Une fois serrée, aucune ouverture accidentelle n’est possible (je vous conseille de bien fermer les manilles en serrant l’axe à l’aide d’une pince universelle). Le matériau à privilégier pour la plongée est l’inox 316L (plutôt que l’acier galvanisé ou le laiton). Une manille est conçue pour reprendre des charges importantes sur l’axe ou le cadre. L’usage des manilles dans notre sport est assez restreint, on le cantonnera pour les objets qu’on veut définitivement fixer à la stab (comme un rétracteur de compas, ou un flasheur par exemple).

Les mousquetons

Les mousquetons assurent une connexion rapide, temporaire, et modifiable. Ils servent pour les choses qu’on a besoin d’accrocher ou de décrocher souvent du gilet. Ils sont manipulables d’une seule main, et sont utiles dans les situations où la rapidité prime sur la sécurité. Les mousquetons sont souvent manipulés, ils doivent donc être simples et pratiques dans leur utilisation.

Un mousqueton est composé de la façon suivante :

  • Le cadre : C’est la pièce principale, il définit la forme du mousqueton (D, poire, ovale…) et supporte l’essentiel de la charge. La partie la plus résistante est le dos (la grande courbure). Le cadre intègre à une extrémité le nez, à l’autre le pivot du doigt.
  • Le doigt : C’est la partie mobile qui s’ouvre pour permettre l’insertion d’une corde, d’une sangle ou d’un anneau.
  • Le ressort : Invisible mais essentiel, il maintient le doigt en position fermée. Il garantit que le mousqueton revient immédiatement en position sécurisée après ouverture.
  • La bague de verrouillage : Elle n’est pas toujours présente, et permet d’empêcher une ouverture involontaire. On l’appelle aussi « virolle ».
Les composants d'un mousqueton

Les mousquetons sont beaucoup plus diversifiés que les manilles, comme on peut le voir ci-dessous :

Mousqueton simple

Mousqueton simple

Mousqueton simple à anneau

Mousqueton simple à anneau

Mousqueton de mouillage

Mousqueton de mouillage

Mousqueton de pompier

Mousqueton de pompier

Mousqueton de sécurité

Mousqueton de sécurité

Mousqueton de sécurité à émerillon

Mousqueton de sécurité
à émerillon

Mousqueton de drisse à émérillon

Mousqueton de drisse
à émerillon

Mousqueton à gachette

Mousqueton à gâchette

Mousqueton à vis de sécurité

Mousqueton à vis de sécurité

Mousqueton à vis (Manille à vis)

Mousqueton à vis
(manille à vis)

Mousqueton bolt snap

Mousqueton bolt snap

Mousqueton double ender

Mousqueton double ender

Critères

Quels sont les critères essentiels pour choisir un mousqueton de plongée ?

Tout d’abord, parlons des mousquetons qu’il ne faut absolument pas utiliser en plongée. Je conseille de proscrire :

  • Les mousquetons en matière plastique : Ils vieillissent très mal, ont tendance à mal résister au froid, et sont peu fiables en charge. Si vous voulez néanmoins en utiliser un, cantonnez-le aux accessoires très légers (comme un sifflet ou une étiquette).
  • Les mousquetons d’escalade : Leur matériau de fabrication les rend incompatibles avec une utilisation en eau de mer. Ils sont sujets à une corrosion rapide (s’ils ne sont pas en aluminium anodisé).
  • Les mousquetons à vis : Le principe du mousqueton à vis est de bloquer l’ouverture à l’aide de la vis, ce qui vient en contradiction même avec le principe du mousqueton (préférez alors une manille). Cependant on peut utiliser le modèle de mousqueton en forme de rectangle arrondi comme une simple manille (celui qu’on appelle improprement « manille à vis »).
  • Les mousquetons à gâchette : Leur conception fait qu’ils peuvent s’ouvrir inopinément si la gâchette extérieure est manœuvrée par inadvertance. D’autre part, leur mécanisme est fragile si on l’expose au sel.
  • Les mousquetons de mouillage ou les mousquetons de pompier : Leur conception fait que l’ouverture n’est pas si aisée que cela (la résistance du ressort à l’ouverture est importante). Lors de l’ouverture du mousqueton, l’encoche qui vient recevoir le doigt mobile du mousqueton peut gêner la manœuvre que l’on souhaite réaliser.

Pour choisir le bon mousqueton parmi les modèles restants, voici les critères que vous propose :

  • L’usage auquel on le destine (attache de phare, spool, parachute, manomètre, …) : Cela va vous guider pour le choix de la forme.
  • La résistance à la corrosion : Comme pour les manilles, je vous incite à utiliser des mousquetons en inox marine 316L, plutôt que des mousquetons en laiton.
  • La taille : Il faut prendre un mousqueton adapté à ce que l’on veut en faire, il ne doit être ni trop grand ni trop petit. La présence d’un émerillon sur le mousqueton est un petit plus (par défaut les « bolt snaps » en sont toujours équipés). Leur présence augmente un peu le prix du mousqueton, mais ils apportent un vrai plus en amenant de la souplesse à l’usage.
  • La manœuvrabilité : Si vous portez des gants en plongée, il est bon de vérifier que vous pouvez toujours manœuvrer votre mousqueton sans aucune difficulté.

Voici donc un tableau récapitulatif des différents types de mousquetons utilisables et les usages auxquels on peut les associer :

Type Intérêt Usage recommandé
Manoeuvre aisée.
Doit être tenu par un noeud serré, sous peine de risquer de le perdre.
Longe de palier.
Parachute.
Mousqueton simple
(avec ou sans anneau)
Facile à manipuler.
Encombrement restreint.
Accrochage facile.
Phare.
Parachute.
Instruments (manomètre, console, ...).
Mousqueton de sécurité
(avec ou sans émerillon)
Peut se manoeuvrer même en charge Longe de palier.
Parachute.
Mousqueton de drisse à émerillon
Le plus fiable, le plus utilisé par les plongeurs "Tek".
Ouverture simple
Ressort robuste.
Peu de risques d’accrochage.
Attache de phare ou de caméra
Dévidoir
Parachute
Instruments (manomètre, console, ...).
Bolt snap
Deux tiges à ressort, idéal pour les accessoires légers. Fixation temporaire.
Spool.
Double ender

L’entretien des mousquetons est assez simple : il suffit de bien les rincer à l’eau claire pour éviter des accumulations de sel, qui entrainerait de la corrosion à long terme. Il est de bon ton de vérifier le bon fonctionnement du ressort, et si on sent un quelconque grippage, une petite lubrification avec du WD40 par exemple remettra tout en ordre. Un point important cependant, dès que l’on aperçoit un début de corrosion, on change le mousqueton.

Signe OK

Mes choix personnels

Vous trouverez ci-dessous ce que j’utilise sur mon équipement, encore une fois, cela n’a de valeur que comme témoignage.

Pour la perche de ma GoPro

J’utilise une perche très pratique pour porter ma GoPro, c’est la QuikPod DSLR/POV Ultra. Elle mesure 45 cm de long quand elle est rétractée, et quasiment 140 cm quand elle est déployée. En fin de plongée, je la fixe à l’anneau gauche de ma stab par un mousqueton snap bolt noué à la perche.

Bolt Snap Perche GoPro

Pour mon phare

J’ai depuis plusieurs années un phare déporté Green Force composé d’une batterie « Hybrid 3 » reliée via un ombilic à une tête de lampe « Heptastar 3000 DB« .

Ce phare polyvalent me permet aussi bien de pratiquer des plongées techniques avec un faisceau à 9° et aussi de filmer grâce un faisceau de 120°. La batterie (qui me donne plus de trois heures d’autonomie) s’accroche sur la sangle de stab, mais je la sécurise sur le bloc avec un sandow fixé par une manille (au corps de batterie) et un mousqueton de sécurité (qui me permet de la lier au col du bloc en faisant une boucle avec le sandow autour).

Sandow de sécurité phare  Green Force
Mousqueton de sécurité sur bloc
Clip ADV Phare

La tête de lampe se range grâce un clip ADV Aqualung fixé à un anneau de ma stab par une manille lyre.

Pour mon flasheur

Mon flasheur Bersub « Pro Flash Light X » est fixé sur la sangle haute à l’arrière de ma stab par une manille en U.

Flasheur et manille

Pour mon parachute

Je n’ai pas cédé à la mode des spools pour parachute et je suis resté fidèle à un gros bout jaune de 8 mètres de long. Pour lier ce bout au parachute, j’utilise un mousqueton de drisse à émerillon, qui permet de désolidariser le parachute du bout très simplement (et ce, même en tension).

Pour le lest du parachute, j’ai opté pour un gros mousqueton classique à anneau de 200 grammes. Ce mousqueton remplace avantageusement le plomb de parachute et présente l’avantage de pouvoir facilement se clamper sur un bout de semi rigide ou bien au bastingage du bateau.

Mousquetons de parachute
Mousquetons de dévidoir

Pour les plongées plus engagées, j’utilise un dévidoir Mangrove que j’accroche à ma stab par un bolt snap. Une fois à la profondeur du palier, je peux attacher le dévidoir à ma stab par un mousqueton de sécurité.

Comme je gonfle dorénavant mon parachute à l’aide d’un flexible de direct-system en le connectant à la petite valve male du parachute, J’ai sécurisé le positionnement de ce flexible en me dotant d’une attache « Konect 12 » de chez AMX Teknology.

Konect 12 AMX Teknology

Grâce à ce dispositif, le bolt snap fixe la position du flexible, et permet de toujours le retrouver rapidement. Le flexible coulisse parfaitement dans le collier en aluminium anodisé (résistant à la corrosion), ce qui me permet d’avoir une grande efficience dans le gonflage du SMB.

Mousqueton de flexible

Pour ma longe de palier

Ma longe de palier est équipée de deux mousquetons : un bolt snap pour accrocher ma longe à un anneau de ma stab, et un mousqueton simple pour entourer le bout du mouillage et lier ma longe à celui-ci afin que je puisse faire mon palier à la bonne profondeur sans varier. Pour la ranger, j’effectue un nœud de chainette sur toute sa longueur, et je la maintiens repliée à l’aide d’un sandow.

Mousquetons de longe de palier

Pour mon hook

Mousquetons de hook

Même si je ne l’utilise pas souvent, j’ai investi dans un petit hook. Je le fixe à un anneau de ma stab par un bolt snap, et je sécurise le hook par un autre bolt snap (afin qu’il ne traine pas partout et ne s’accroche pas à ce qui passerait à portée).

Conclusion

En conclusion…

Vous l’aurez bien compris, il n’est point besoin de se doter d’une myriade de modèles de mousquetons différents, mais il faut choisir les bons ! On peut dire sans trop de problème que le bolt snap est le mousqueton de référence pour la plongée. Je vous engage vraiment à n’utiliser un double ender qu’avec un spool, sinon c’est l’assurance que ce mousqueton vous fera perdre des trucs. J’aime beaucoup le mousqueton de sécurité (c’est peut-être dû à mon passé de « voileux ») car je le trouve souvent encore plus pratique que le bolt snap. Pour bien fixer vos mousquetons, n’hésitez pas à vous entrainer à bien réaliser des nœuds de pendu ou des nœuds de drisse, sinon il y a pléthore de tutos sur YouTube qui expliquent très bien comment bien fixer son bolt snap ! Et surtout, n’oubliez jamais qu’un mousqueton est un élément de sécurité, pas un gadget…

De votre côté, avez-vous trouvé le mousqueton ou la manille ultime ? Merci par avance pour vos retours !

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