Les trois briefings de plongée

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10–16 minutes

16/03/2026

Suite à la publication de mon article précédent traitant du rituel et de l’ordre dans lequel il convient de s’équiper, un internaute (qui se reconnaitra) m’a sollicité pour l’aider et lui apporter des éléments quant aux éléments qui doivent apparaître dans le briefing entre plongeurs autonomes. Ce sujet a immédiatement fait « tilt » dans mon esprit, et j’ai donc couché sur le papier les éléments qu’on devrait retrouver dans un échange entre plongeurs. Je vais donc vous détailler ici les différents briefings existants en tentant de ne rien oublier pour garantir des plongées réussies !

Quand on arrive sur le spot de plongée, le Directeur de Plongée regroupe les plongeuses et les plongeurs qui vont s’immerger pour leur donner un certain nombre d’éléments et de consignes. Ce briefing s’adresse en priorité aux Guides de Palanquée, et aux plongeurs autonomes. Les Guides de Palanquée vont ensuite briefer les plongeurs qu’ils encadrent, et parallèlement, les plongeurs autonomes doivent échanger entre eux sur un certain nombre d’aspects avant de se mettre à l’eau.

Briefing Directeur de Plongée

Le Briefing du Directeur de Plongée

Le briefing du Directeur de Plongée (DP) doit donner les éléments de cadrage généraux pour que les plongeuses et les plongeurs présents puissent effectuer une immersion et se faire plaisir en toute sécurité. Il contient 8 éléments incontournables, auxquels des éléments peuvent s’ajouter dans le cas de plongées particulières (plongée de nuit, sur épave, dérivante, profonde, …) :

Le Briefing du Directeur de Plongée

L’accueil de plongeurs

L’accueil et la bienvenue des plongeurs consiste pour le DP, à se présenter et à présenter les membres éventuels de l’équipage qui vont assurer la sécurité en surface pendant la phase d’immersion. Cela permet la mise en confiance des plongeuses et des plongeurs.

La description du site et le parcours proposé

Le DP va s’attacher à présenter le site, avec ses particularités et ses points d’attention. Idéalement, il aura un visuel qui permet de mieux comprendre la topographie du lieu sur lequel on s’immerge. Il évoque aussi la faune que l’on va pouvoir observer. Il peut également indiquer des dispositions particulières liées au site ou à la règlementation en vigueur.

La composition des palanquées

Le DP va maintenant donner les palanquées l’une après l’autre. Idéalement, il définit un ordre de mise à l’eau des palanquées, en privilégiant les plongeurs autonomes d’abord, ce qui permet de donner de la place pour les palanquées encadrées, et ainsi les plongeuses et plongeurs débutants sont plus à l’aise pour se préparer.

La sécurité générale sur le bateau

Le DP annonce des éléments de sécurité relatifs à l’embarcation de plongée, notamment sur la procédure de mise à l’eau, la récupération des palanquées, les procédures de rappel des plongeurs, et la signalisation en surface en fin de plongée (par exemple, sortie obligatoire au parachute, procédure de signalisation de panne d’air, …).

Les paramètres de la plongée

Le DP communique le temps et la profondeur maximale autorisée par palanquée. J’aime beaucoup quand le DP donne également des éléments complémentaires comme la valeur de réserve du bloc, le temps fond maximum, la DTR maximale autorisée, la pression de décollage, et la valeur minimale de pression indiquée sur le bloc lors de la remontée sur le navire.

Les équipements obligatoires pour chaque palanquée et les plongeurs

Le DP rappelle et s’assure que chaque palanquée dispose des éléments obligatoires pour s’immerger en sécurité : Un parachute de signalisation par palanquée, des moyens de décompression adaptés pour chaque palanquée, deux détendeurs complets pour chaque guide de palanquée, chaque plongeur équipé d’un flasheur si plongée en carrière…

La gestion de la désaturation

Le DP va indiquer la manière dont il souhaite voir la décompression de chaque palanquée se dérouler : par exemple, sortie au parachute obligatoire si la palanquée ne remonte pas au mouillage, non réalisation du palier de confort en cas de remontée au parachute, pas plus de cinq minutes de paliers obligatoires, …

La prévention des accidents

Le DP apporte des éléments relatifs à la prévention des accidents courants : narcose, froid, essoufflement, courant, en fonction du site de pratique.

Les consignes particulières sur des situations anormales

Le DP va rappeler les procédures de réchappement par rapport à des événements pouvant survenir pendant l’immersion, comme la perte de palanquée ou le givrage de détendeur.

Les éléments complémentaires de sécurité

Enfin, le DP rappelle s’il fait installer une ligne de vie le long du bateau, ainsi qu’un bout filant à l’arrière du navire pour que les palanquées puissent simplement s’y raccrocher. Il rappelle l’emplacement du bloc de sécurité (sur le pont, immergé au mouillage, bloc fermé avec détendeur sous pression, …

Briefing Guide de Palanquée

Le Briefing du Guide de Palanquée

Idéalement, le briefing du guide de Palanquée se découpe en 6 étapes qui suivent le déroulement typique d’une plongée :

  • L’accueil des plongeurs
  • La séquence de mise à l’eau
  • La phase d’immersion
  • Le parcours d’exploration au fond
  • La phase de remontée
  • Le retour au bateau

Le schéma ci-dessous peut résumer ce qu’on doit y trouver :

Le Briefing du Guide de Palanquée

L’accueil des plongeurs de la palanquée

Le Guide de Palanquée (GP) accueille les plongeuses et les plongeurs qu’il va encadrer, et se présente succinctement (et humblement). Il tente de faire parler les encadrés pour connaître leur expérience, leurs souhaits, leurs craintes ou leurs angoisses. Il rappelle qu’il est là pour les aider et leur faire faire une belle plongée.

La procédure de mise à l’eau

Le GP explique la technique de mise à l’eau employée, ainsi que l’ordre de mise à l’eau (lui d’abord, et les plongeurs ensuite). Il rappelle le rituel de vérification du lestage, et intègre des éléments contextuels (plongée du bord, en eau froide, …).

La phase d’immersion

Le GP rappelle le check à 3 mètres (oreilles et bubble-check), il souligne la nécessité de bien et rapidement équilibrer les oreilles (en mimant une manœuvre de Valsalva par exemple) tout au long de la descente. Il explique la façon dont la descente vers le fond s’effectuera (le long du mouillage, dans le bleu, …) et souligne le positionnement des plongeurs pendant la descente (toujours au-dessus de lui). Il rappelle qu’il convient de gonfler régulièrement le gilet pour ne pas descendre comme un boulet (en faisant le signe !), et en cas de plongée profonde, il rappelle d’effectuer un « pit-stop » à 20 mètres et à 30 mètres en étant équilibré pour vérifier que tout va bien.

Le parcours au fond

Le GP rappelle les consignes de sécurité : mi-pression, réserve (en faisant les signes !) et donne (ou rappelle) les consignes à suivre en cas d’événement imprévu (perte de palanquée, givrage de détendeur, …). Il explique aussi comment les plongeurs se positionneront par rapport à lui.

La phase de remontée et la fin de plongée

Le GP montre le signe déclenchant la fin de plongée et le début de remontée, il rappelle à cette occasion les règles de sécurité pour la remontée (Plongeurs positionnés un peu en-dessous de lui, purge régulière du gilet, …). Il explique éventuellement l’envoi du parachute. Il rappelle les signes fédéraux pour indiquer le ou les paliers à effectuer (DTR, Paliers, Fin de palier).

Le retour au bateau

Le GP rappelle aux plongeuses et plongeurs de bien rester groupés autour de lui pendant le phase de retour au bateau, et de palmer en prenant comme cible d’atteindre l’avant du bateau (ainsi on est sûrs de rejoindre l’arrière !). Il rappelle de ne pas forcer au-delà du raisonnable, et de bien faire attention à ne pas s’essouffler (si on ressort loin du bateau, pas de panique, il viendra toujours nous chercher !).

Autonomie

Le Briefing entre plongeurs autonomes

Quand le DP a fini son briefing, les plongeurs autonomes connaissent leur palanquée d’affectation. Il est temps alors de se concerter pour partager des point importants qui vont garantir la sécurité de chacun. Attention, dans le cas de plongeurs Niveau 3 qui plongent en totale autonomie, et donc sans Directeur de Plongée (comme cela est autorisé dans le Code du Sport), il conviendra de reprendre les éléments listés plus hauts et de s’astreindre à effectuer un « Brief DP » pour donner le cadre général de la plongée.

Si on plonge au sein de son club, on a toutes les chances de connaître peu ou prou les autres membres de la palanquée, mais si on plonge dans une structure pendant ses vacances, on va à coup sûr d’immerger avec des personnes que l’on ne connaît pas ! La concertation d’avant plongée devient alors primordiale. Je recommande d’aborder les points ci-dessous sous la forme d’un échange à bâtons rompus :

Le Briefing des Plongeurs Autonomes

Les plongeurs de la palanquée

Il s’agit de partager entre équipiers des informations qui permettent de mieux se connaître, à savoir son « ancienneté » dans la plongée, le niveau de chacun (car cela influe sur la profondeur maximale autorisée), de quand date sa dernière plongée, dans quelle case on se reconnaît (est-ce qu’on est un plongeur qui aime fouiner dans le moindre trou, regarder les sites dans leur ensemble, est-ce qu’on préfère la plongée bio, ou les épaves, …). Un point intéressant est aussi de savoir si une ou un plongeur de la palanquée connaît déjà le site sur lequel on va s’immerger. Cela va aussi permettre, en fonction de l’état d’esprit des participants, d’adapter la profondeur maximale lors de l’explo, et s’il y a des frileux dans la palanquée, de le savoir pour être en mesure de réagir vite.

Les rôles de chacun

Dans une palanquée de deux ou trois plongeurs, il y a toujours un équipier qui est prêt à « prendre le lead » et assurer de fait un rôle de guide pour les autres. En effet, parmi les autonomes, certains ont un meilleur sens de l’orientation que d’autres (et ceux ou celles qui n’en ont pas le disent toujours de façon très naturelle et libre), il faut donc s’appuyer sur leurs compétences pour suivre le parcours indiqué par le DP, et ne pas ressortir de l’eau à plusieurs centaines de mètres du bateau ! Un autre rôle à déterminer absolument est d’identifier celui ou celle qui enverra le parachute, et éventuellement se mettre d’accord sur qui coordonnera la phase de décompression. Une palanquée composée de plongeuses et plongeurs autonomes fonctionne dans un cadre d’auto-contrôle, mais il peut être intéressant de déléguer des rôles à certains équipiers : par exemple, un buddy peut être chargé explicitement de surveiller le temps fond. Sur une plongée profonde, il sera par contre fondamental de bien partager les valeurs de réserve, de pression de décollage, de temps fond et de DTR maximale pour être sûrs de bien être solidaires sur les paramètres de plongée.

Le matériel de la palanquée

Dans une palanquée encadrée, le check du matériel est dévolu au Guide, mais dans une palanquée autonome, il faut absolument que chaque équipière et chaque équipier effectue un check approfondi des scaphandres des autres membres qui la compose. Cela permet de vérifier que le scaphandre est correctement gréé, et de vérifier les spécificités de chaque équipement :

  • La stab de votre binôme peut être dotée d’un inflateur du type « Air 2 Scubapro » ou « Air source 3 Aqualung », et il est de bon ton d’avoir identifié les boutons de gonflage et de purge.
  • La stab peut disposer d’un système d’inflateur de type « i3 » ou « Airtrim », il ne faut donc pas être surpris par l’absence d’inflateur classique.
  • Enfin, elle peut ne pas être dotée de système « fen-stop », ou purge rapide (c’est le cas de nombreuses stabs « Tek »).

Il est donc indispensable de savoir tout cela avant l’immersion pour ne pas avoir de mauvaises surprises sous l’eau ! De la même façon, une petite vérification des ordinateurs et des réglages peut éviter d’avoir à affronter des réglages ineptes ou trop conservateurs. Un rapide échange sur le lestage peut être également bénéfique, et cela permet de conserver ce petit rituel de vérification juste avant l’immersion !

La communication entre membres de la palanquée

Les plongeurs de la palanquée autonome échangent pour partager les signes spécifiques importants pendant leur immersion. En voici quelques-uns qui me paraissent importants (et que j’utilise) :

  • X’ avant « NoDecTime = 0 » : L’index et le majeur réunis tapotent deux fois sur l’écran de l’ordinateur et le plongeur indique ensuite la durée. J’aime bien utiliser ce signe 5′ avant de rentrer dans les paliers, cela permet d’avoir toujours une marge de manœuvre pour décider de ce que l’on va faire, conformément au plan prévu.
  • Retour au bateau : Les deux mains ouvertes sont jointes par le bas de la paume, et forment un « V ». Ce signe peut également être utilisé quand on recherche le bout de l’ancre et qu’on a du mal à le trouver !
  • Quelle direction prendre ? : Les deux poings fermés miment un mouvement circulaire, évoquant la tenue du volant d’une voiture.
  • Quelle est ta DTR ? : Il s’agit ici du « nouveau » signe mis en place en Octobre 2023 par la FFESSM. Le poing est fermé, l’auriculaire est tendu à l’horizontale et le pouce est tendu verticalement. Je n’utilise ce signe que lorsqu’on est entré dans les paliers.
  • J’ai X’ de palier à 3 mètres : C’est le même signe que la DTR, mais on indique la profondeur du palier à effectuer sur un des 3 doigts repliés (l’index replié pour le palier à 3 mètres, le majeur pour le palier à 6 mètres, l’annulaire pour le palier à 9 mètres), puis la durée avec la main libre.
  • Paliers terminés : C’est le troisième signe mis en place en Octobre 2023, le revers de la main passe au-dessus de l’écran de l’ordinateur, pour signifier que le temps de paliers est passé à 0.
  • OK Surface : Le signe fédéral est le bras tendu avec le signe « OK », mais j’utilise en complément le signe anglo-saxon, faisant un grand « O » avec mes 2 bras en revenant en surface. Il se trouve que ce signe, bien que non officiellement reconnu en France, est connu de tous, et est bien plus visible à distance que le simple bras tendu.

En résumé, les autonomes doivent sortir de leur brief avec une vision commune sur la plongée qu’ils vont effectuer : même plan, même rythme, même sécurité et même procédure en cas d’imprévu. C’est ce micro‑brief qui transforme une palanquée “côte à côte” en une palanquée cohérente, efficace et sûre. Il est toujours bon que chacun puisse s’exprimer par rapport à son état du jour (froid, fatigue, stress, forme, …), son niveau de confort avec le site de plongée et ses limites personnelles (profondeur, durée, conditions, …) si cela n’a pas été partagé lors du contact initial.

Conclusion

En conclusion…

On le voit bien, ces briefs sont tous complémentaires et surtout nécessaires. Il ne faut pas sous-estimer le brief entre autonomes. Autant les deux autres sont formalisés et ritualisés, autant je vois souvent beaucoup de palanquées autonomes écouter attentivement les consigne du Directeur de Plongée, et à peine échanger avant de passer à l’équipement. Bien se parler et bien communiquer avant l’immersion sont des facteurs clés pour une plongée réussie ! Et vous, avez-vous d’autres éléments à intégrer dans les briefings ? Merci pour vos retours !

Pour terminer, je tiens à remercier le site Plongée infos à qui j’ai emprunté la photo mise en avant pour cet article.

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