Une session RIFAP en temps de COVID

Cette saison sportive est perturbée à bien des égards. Pour ma part, j’ai tenté de contribuer à la formation Guide de Palanquée organisée par le Codep 44 (c’est une formation que j’affectionne particulièrement). Cependant, mon ami C., moniteur responsable de la formation Niveau 3 dans mon club, m’a sollicité pour savoir si je pouvais prendre en charge la mise en œuvre de la formation RIFA Plongée (Réactions et Intervention Face à un Accident de Plongée). J’ai accepté avec plaisir, et j’ai demandée à mon amie S., monitrice professionnelle qui vient souvent nous aider bénévolement, d’organiser cette formation avec moi. L’objectif de ce billet est donc de partager la façon dont nous nous y sommes pris pour organiser cette qualification, dans les respect des règles sanitaires et dans le contexte particulier de la pandémie qui nous affecte aujourd’hui. Je vais donc effectuer un bref rappel des attendus de cette formation, puis expliquer la façon dont S. et moi avons déroulé le contenu pédagogique. Je suis bien évidemment preneur de vos remarques pour améliorer le contenu de cette formation.

Le RIFA Plongée est une qualification de secourisme obligatoire pour l’obtention du brevet de plongeur Niveau 3 FFESSM (les documents de référence sont disponibles sur le  site du Manuel de Formation Technique de la FFESSM). Elle est accessible dès l’obtention du brevet de plongeur niveau 1. Cette formation a pour objectif de faire en sorte que les titulaires connaissent la chaîne des secours en France, qu’ils sachent s’organiser en cas d’accident de plongée, et qu’ils puissent seconder efficacement efficacement le Directeur de Plongée (si il y en a un, les plongeurs N3 pouvant organiser eux-mêmes leurs plongées dans la limite des 40 mètres). En creux, il s’agit également, de mon point de vue, de les sensibiliser à tout mettre en œuvre pour qu’ils anticipent, planifient, et ne se mettent jamais en situation de s’exposer à des circonstances accidentogènes. Cette attestation est propre à la FFESSM, et permet d’attester de l’acquisition des savoirs et savoir-faire nécessaires à la bonne exécution des gestes destinés à préserver l’intégrité physique d’une victime d’accident, avant sa prise en charge par les services de secours.Capacités RIFAPLa formation se décline autour de 7 capacités à acquérir (il n’y a pas d’examen) qui se déroulent chronologiquement depuis la communication entre plongeurs au moment où l’accident survient, jusqu’à l’appel au secours, comme le montre le schéma ci-dessus. Le contenu de chaque capacité est détaillé ci-dessous :

Contenu RIFAP
Il se trouve que plusieurs clubs du département avaient eux-mêmes des stagiaires Niveau 3 à former sur cette qualification. Ils nous ont donc sollicité pour organiser une session « inter-clubs ». Ce sont donc neuf stagiaires issus de quatre clubs du département (GEASM, Rêve Bleu, CAPLE, CPNZ) que nous avons conviés à nous rejoindre. Nous avions planifié la formation sur le week-end du 3 et 4 Avril, mais nous avons été rattrapé par le « confinement » qui avait été mis en place sur ce même week-end. Nous nous sommes donc adaptés et avons séparé la formation en deux séances :

  • Une séance théorique le 03/04
  • Une séance pratique le 02/05

Pour la séance théorique, nous avons accueilli les neuf stagiaires dans la salle de cours d’un cinquième club nantais (le Club Subaquatique Nantais). Nous avons veillé à respecter les règles de distanciation sociale (au moins 2 mètres en chaque stagiaire, port d’un masque chirurgical pour tous, utilisation de gel hydroalcoolique pour les mains, …), et nous avons déroulé un support de formation que j’avais préparé préalablement et dont mon amie S. avait validé le contenu :

Pendant cette présentation, nous nous sommes attachés à émailler le discours d’anecdotes, et de retours d’expérience afin de bien sensibiliser les stagiaires sur chaque capacité. A la suite de qui, nosu avons organise 2 ateliers en petits groupes (de façon à ne pas dépasser la limite de 6 personnes se côtoyant dans un espace « réduit »). Un premier atelier dédié à la révision de la mise en position latérale de sécurité (P.L.S.) d’une personne, et un autre atelier dédié à la pratique de la réanimation cardio-pulmonaire (R.C.P.). Pour ce faire, j’avais amené le mannequin de secourisme de mon club pour permettre à chacun de pratiquer le massage (en veillant à désinfecter les parties en contact avec les mains des impétrants). Par ailleurs, conformément aux recommandations, nous n’avons pas pratique la simulation d’insufflation d’air par le bouche à bouche. Chacun de ces deux ateliers a aussi fait l’objet d’une sensibilisation à l’appel aux secours, avec le bilan de santé de l’accidenté.

En fin de session, nous avons effectué un feed-back avec tous les stagiaires, les retours que nous avons eu étaient positifs (sur l’animation, le partage de retours d’expérience, ancrés dans le réel, les ateliers) , ils étaient impatients de se retrouver en milieu naturel pour la partie pratique !

Nous nous sommes donc retrouvés le 04/05 pour la mise en œuvre de la partie pratique de la formation. Nous avons choisi de nous téléporter au port de plaisance de La Turballe, les règles des 10 km autour du domicile ayant été assouplies pour la pratique sportive en plein air, avec la possibilité offerte aux stagiaires de se déplacer dans le département pour se rendre à une formation. Bien entendu, nous avons scrupuleusement respecté les gestes barrière, dès que cela était possible. Pour cette session, mon ami C. est venu nous donner un coup de main pour les ateliers pratiques, ce qui permettait à S. de rester en direction de groupe avec une vison globale, et qui lui permettait d’apporter des commentaires (constructifs) sur la réalisation des ateliers. Nous avions pris le soin de demander l’autorisation de réaliser des exercices à la Capitainerie du port, afin d’être « dans les clous ». Nous avons donc effectué des ateliers de sortie d’eau pour remonter un plongeur accidenté sur un ponton, nous avons aussi effectué une démonstration du hissage d’un plongeur avec une corde, quand la hauteur devient trop importante pour permettre la remontée en sécurité.

C. et moi avons eu le « grand plaisir » de nous jeter dans l’eau du port, et de faire passer les stagiaires un par un pour la réalisation de la technique. Une fois cet atelier effectué, nous avons basculé sur la cale extérieure au port (ce qui a permis de « rincer » les combis) pour pratiquer différentes techniques de tractage, ainsi que les techniques de sortie d’eau sur une plage ou un plan incliné (la cale de mise à l’eau en l’occurrence). Tous ces exercices se sont effectués dans une eau à 13°C sous le regard bienveillant et avisé de S. !

Nous avons alors pris le temps de casser une petite graine pour récupérer et en début d’après-midi, nosu avons réalisé un exercice de synthèse sur la prise en charge d’un plongeur accidenté venant d’être sorti de l’eau. Deux simulations ont été effectuées pour tester la capacité d’organisation du groupe de stagiaires, et effectuer les remédiations nécessaires.

Après ces deux exercices, nous avons terminé la formation par l’examen complet et minutieux d’une caisse de secours, avec l’oxygène, l’aspirateur à mucosités, le défibrillateur, la trousse de secours, la fiche de sécurité. Un  débriefing général a ensuite été réalisé, suivi de la traditionnelle photo de groupe. Nous avons laissé des stagiaires titulaires d’une nouvelle compétence, sensibilisés à la sécurité, contents d’eux-mêmes. Quant à nous, c’est avec le sentiment du devoir accompli que nous avons regagné nos domiciles respectifs.

Je sais pertinemment que nous n’avons pas pu tout voir, et que des choses sont à améliorer, mais je pense que ce petit programme permet de délivrer la qualification en se situant dans l’attendu. Cela fait maintenant plusieurs années que je me rends compte que l’organisation de cette qualification est complexe à organiser. Le fait de la mutualiser entre plusieurs clubs permet de faciliter les choses. Et vous, comment avez-vous vécu votre formation RIFA Plongée ? Et si vous êtes moniteur ou monitrice, quel programme de formation appliquez-vous ? Merci par avance pour vos retours !

 

 

2 réflexions au sujet de “Une session RIFAP en temps de COVID”

  1. Bonjour Phil,
    depuis plusieurs années maintenant, nous organisons systématiquement 2 MAC (recyclage) de nos plongeurs RIFAP dans mon club.
    Formation ouverte à l’ensemble des volontaires, quelques soit son niveau….!
    Différents ateliers pratiques sont proposés dans, et en dehors de l’eau, suivant différents cas concrets (plongeurs inconscient qui respire, ne respire pas,…) Cela nous permettant de manipuler notre sac de prompt secours et donc l’oxygène.
    Avec l’apparition du COVID, ce type de formation ou d’actualisation des compétences devient plus « compliqué » à réaliser, surtout en termes de distanciation.
    As-tu des recommandations FFESSM sur le sujet. Beaucoup de documents sur la désinfection du matériel mais rien sur « Comment intervenir et/ou aborder une victime (plongeur) en difficulté en cette période de COVID.
    Je suis évidemment preneur de vos informations

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    • Merci David pour ta contribution !
      Tout d’abord bravo pour l’institution du recyclage dans ton club, c’est très bien, malheureusement, trop peu de clubs font ça !
      Pour ta deuxième question, je dirais qu’il faut faire en sorte de ne pas exposer le secouriste au delà du raisonnable : port du masque, gel a bord du bateau….
      Si on est a terre, utilisation de gants latex par exemple… Je pense qu’il faut tâcher de faire preuve de bon sens sans s’exposer inutilement

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