Nusa Penida : Du gros, du petit, et du courant !

Raie MantaAu cours de notre séjour en Indonésie au cours de l’été 2019, S. (ma binôme préférée) et moi, avons passé une semaine pour plonger dans le Parc National de Komodo puis une dizaine de jours à découvrir l’île méconnue de Sumbawa. Pour rejoindre Bali, nous avons traversé l’île de Lombok, où les stygmates de l’éruption du Gunung Rinjani et du tremblement de terre associé d’octobre 2018 sont encore bien visibles. Mais plutôt que de terminer nos vacances sur Bali (qui, à mon sens, a beaucoup perdu de son âme, du fait du développement touristique), nous avons mis les voiles vers la petite île voisine, Nusa Penida, située au sud-est de Bali. Nous y avons effectué quelques plongées, l’objet de ce billet est donc de vous en faire le compte-rendu, afin de vous permettre de vous faire une idée de ce que l’on peut y observer.Pour rejoindre Nusa Penida, il faut soit prendre le ferry public depuis Serangan (très bon marché, mais il y a une seule rotation par jour), ou bien opter pour une des nombreuses compagnies privées de « fast boats ». Certaines permettent de partir depuis la plage de Sanur, d’autres partent du port de Serangan. Il faut compter environ 150 000 IDR (soit un peu moins de 10 €) pour un billet aller-retour par une de ces compagnies, le ferry public coutant lui moins de la moitié (mais étant beaucoup plus lent !). Je déconseille de prendre un billet aller-retour (ce que nous avions malheureusement fait), car les compagnies indonésiennes peuvent supprimer purement et simplement une rotation sans prévenir (et c’est ce qui nous est arrivé !). Il est donc beaucoup plus simple de reprendre un billet au petit port de Toya Pakeh quand on désire revenir sur Bali (et cela peut aussi permettre de faire jouer la concurrence ). La traversée en « fast-boat » prend environ 40 minutes et l’arrivée sur Nusa Penida peut-être assez mouvementée, les hauts fonds devant l’île pouvant provoquer une forte houle croisée assez inconfortable !

À côté de Nusa Penida, il y a deux îles beaucoup plus petites : Nusa Lembongan et Nusa Ceningan. Il y a beaucoup de centres de plongées sur Lembongan et Penida, tandis que Ceningan est quasiment inhabitée (on peut y accéder à pied par une petite passerelle). Il faut bien savoir qu’historiquement les conditions de vie sur ces îles étaient très rudes, comparées à celles de Bali : pas ou peu de puits, et même si ces îles sont vallonnées, il n’y a pas de hautes montagnes comme le Gunung Agung de Bali pour stopper les nuages et favoriser l’hygrométrie de l’île. Penida était même un bagne à une époque. Les choses ont bien changé, et si il y a encore quatre ou cinq ans il y avait très peu de tourisme, aujourd’hui, le développement touristique bat son plein. Néanmoins, on peut encore voir Nusa Penida comme un petit Bali figé dans le temps (notamment dans les villlages du sud-est de l’île, certains pouvant être difficiles d’accès mais possédant des temples et des statues impressionnantes !). Certains endroits, comme Crystal Bay et Kelinking Beach, sont cependant envahis de touristes et perdent un peu de leur authenticité.

Les plongées sur Penida et Lembongan sont réputées du fait de l’existence d’une station de lavage pour raies mantas qui permet d’en observer en sécurité pendant quasiment toute l’année, et la possibilité de croiser sur sa route le mola-mola géant qui remonte en eaux peu profondes se faire déparasiter entre août et octobre (les molas-molas remontent des profondeurs à ce moment là, principalement les jours autour de la pleine lune). D’autre part, la localisation de ces trois îles dans le détroit de Lombok fait qu’il y a de très forts courants, même à la côte (nous avons pu nous en rendre compte au cours de la traversée aller, quelque peu mouvementée !). La passe entre Nusa Penida et les deux autres îles est aussi un site propice à l’établissement de courants très violents !

Après une rapide recherche, on m’avait parlé d’un centre de plongée francophone (Warnakali), mais n’ayant reçu aucune réponse de leur part, nous avons pris contact avec un centre de plongée géré entièrement par des indonésiens, Octopus Dive Nusa Penida. En nous rendant sur place, nous avons rencontré Aby, le responsable du centre, qui après un accueil très chaleureux et décontracté comme savent le faire les indonésiens, a entrepris de vérifier avec soin nos qualifications (en s’étonnant de la capacité qui nous est offerte de pouvoir plonger en autonomie jusqu’à 60 mètres), puis il nous a présenté la carte des sites accessibles :

Sites de plongée de Nusa Penida

Les sites de l’est de l’île sont très peu plongés, d’une part du fait de leur éloignement d’une part et d’autre part de leur exposition au vent dominant, le vent d’est (contrairement à l’Europe, c’est le vent d’Est, qui est le vent « favorable » en Asie, les joueurs de Mah-Jong le savent bien ! ). Il semble par contre que ces sites particuliers permettent d’observer du gros, voire du très gros ! En discutant avec Aby, nous lui expliquons que nous aimerions plonger deux jours et au moins plonger une fois sur Manta Point. Aby nous explique avec le sourire que tout le monde veut plonger sur Manta Point, et nous détaille l’organisation mise en place au centre : on fait deux plongées par jour, en mode « double tank », un intervalle de surface de 1h00 à 1h30 étant effectué pour prendre un vrai repas. Cela permet de revenir vers 13h30 ou 14h00 au centre de plongée (situé sur la route principale du nord, non loin de l’entrée du village de Ped) et de profiter de l’après-midi pour d’autres activités. Parfois et de façon exceptionnelle, trois plongées peuvent être effectuées. Nous avons de la chance, en effet, Aby nous propose de venir nous présenter le lendemain matin à 08h00 pour normalement aller nous immerger sur ce spot « mythique » qu’est « Manta Point 66 » ! Concernant les tarifs, il faut compter 1 300 000 IDR (soit environ 80 €) pour effectuer deux plongées, avec la location de l’ensemble du matériel, et le repas fourni, ce qui encore une fois est un tarif tout à fait acceptable (même si cela représente une petite fortune pour les indonésiens).

Le bateau du centre est très semblable aux bateaux des autres centres de plongée. De loin, ils ressemblent à un gros semi-rigide avec une étrave très marquée, favorisant le passage dans le clapot. En montant dessus, quelle n’a pas été ma surprise en constatant qu’il ne s’agissait pas d’un semi-rigide, mais bien d’un bateau en bois avec une forme arrondie sur chaque bord, imitant à la perfection l’arrondi classique du boudin de flottabilité. Le bateau est stable, rapide et confortable, ce qui souhaitable pour embouquer la passe entre Lembongan et Penida !

Nous avons donc effectué quatre plongées :

  • Manta Point 66 : Quand j’ai demandé pourquoi le spot s’appelait comme ça, l’explication qui m’a été donnée est que ce site est tellement génial, qu’il mérite deux signes « ok » des plongeurs ! Je ne sais pas si il s’agit bien de cela mais cette explication m’a bien plu ! Après quarante-cinq minutes de hors-bord, nous sommes arrivés sur le site. En voyant le nombre de bateaux présents, j’ai ressenti une légère inquiétude sur le fait de nous retrouver dans un jacuzzi, mais en fait, il n’en a rien été, beaucoup de bateaux sont là pour emmener des touristes observer les mantas en « snorkeling ». L’eau est assez chargée en particules, ce qui fait que la visibilité n’excède pas dix mètres. Le site est très simple et très protégé du courant, on ne ressent que le mouvement de la houle dû au ressac sur la côte. Il y a une grosse patate de roche autour de laquelle les mantas passent et repassent, il est donc assez simple de les observer ! Quand nous avons plongé sur le site, au moins six d’entre elles étaient présentes (dont une future maman, reconnaissable assez facilement !). après les avoir observées à loisir dans une dizaine de mètres d’eau, nous sommes partis en direction du sous-ouest pour trouver le fond sableux sur lequel pas mal de raies pastenagues sont présentes. Nous avons aussi pu voir d’autres mantas et de beaux nudibranches. Ce site, très différent du « Manta Point » de Komodo est très plaisant, et plutôt que de lui attribuer un « double six », j’ai signalé à Aby et Damar (notre guide) mon plaisir par un « double shaka« , le signe bien connu des surfeurs, ce qui les a beaucoup amusés !
  • SD Point : Au début, j’ai cru que « SD Point » signifiait « Scuba Diving » Point. En fait il n’en est rien ! L’abréviation SD veut dire « Sekolah Dasar » (École Primaire en Bahasa Indonesia). En effet, l’amer utilisé pour le point d’immersion, est de placer le bateau plein nord par rapport à cette école ! C’est une plongée dérivante, et en fonction de la marée, on part soit vers l’est, soit vers l’ouest. Quand nous avons plongé sur ce site, nous avons subi un courant vraiment très fort (personnellement, je n’ai pas souvenir d’une dérivante avec un courant si fort, même sur Tatawa Besar à Komodo) qui nous a fait dériver le long du tombant corallien vers l’ouest. Encore une fois mon hook m’a été bien utile, et en m’accrochant sur de la roche (en prenant soin de ne pas abîmer de corail), je flottais dans le courant tel un cerf-volant dans la brise ! Sur cette plongée, nous avons pu voir, entre autres, un gros napoléon, une belle tortue en train de se restaurer, et de grosses carangues géantes, et un magnifique récif corallien très riche et varié !
  • Toya Pakeh : Toya Pakeh est le village qui abrite le principal « port » de Nusa Penida (en fait c’est plus un havre, la pluprt des bateaux viennent tanker sur la plage dpour débarquer ou embarquer les passagers), le deuxième port se situant sur la côte nord, pas loin du vilage de Ped (plus précisément à Buyuk). La plongée se déroule en 2 parties : on s’immerge à l’ouest du village, le long de la falaise, et on parcours le mur vertical, puis on revient vers l’est sur le tombant corallien. Ce qui est très surprenant dans cette plongée, c’est que le courant change constamment de direction en fonction de l’endroit où on se trouve. on peut se trouver porter par le jus, et la seconde d’après devoir lutter contre un courant contraire, ou bien avoir un courant qui vous amène vers le large, et quelques secondes plus tard se retrouver propulsé vers la côte ! Comme le disait Ismail, notre divemaster, il y a toujours des surprises à Toya Pakeh. En ce qui concerne la faune, j’ai pu apprécier de pouvoir observer pas mal de petite faune récifale, notamment une jolie murène ruban (« Rhinomuraena quaesita » , c’était la première fois que j’en voyais une) et des « nids » de grandes crevettes nettoyeuses (« Stenopus hispidus » , j’écris nid car elles étaient très nombreuses, preuve que l’endroit est fréquenté par des prédateurs).
  • Sental : Le site de Sental se trouve sur la côte nord de Nusa Penida, un peu à l’est de SD Point. D’ailleurs la plongée proposée lui ressemble beaucoup. Si le courant porte vers l’est (ce qui a été notre cas), on a la chance de pouvoir arriver à une station de lavage de molas-molas, et peut-être en observer. Par contre, nous n’avons pas eu la chance d’en apercevoir un, ce sera pour une autre fois ! On trouve tout de même, de jolies patates de roche couvertes de corail qui permettent de se protéger du courant et d’observer de près les petits poissons qui y vivent. c’est ainsi que j’ai pu observer un petit groupe de balibots juvéniles (« plotosus lineatus » ).

Vous l’aurez compris, nous avons effectué quatre belles plongées sur les côtes de Nusa Penida. J’ai particulièrement apprécié l’accueil chaleureux de Aby et de son équipe (mention spéciale à Damar et Ismail, nos deux divemasters que je remercie encore pour leur gentillesse et leur professionnalisme), ainsi que les repas servis à bord (d’une très grande qualité, je tiens à le préciser !). Il est à noter qu’il y a plusieurs centres qui proposent des stages d’apnée, j’ai d’ailleurs croisé un apnéiste à quatorze mètres qui venait à l’agachon voir les raies matas sur Manta Point 66. Il y en donc pour tous les gouts ! J’ai bien aimé ces plongées, assurément, « Manta Point 66 » est un must à faire au moins une fois, et malgré les très forts courants rencontrés sur les plongées dérivantes, je pense que même les plongeurs débutants peuvent s’y immerger sans problème et y prendre beaucoup de plaisir.

bien entendu, je publierai prochainement un montage vidéo de ces plongées pour les faire partager. Voici néanmoins quelques photos qui présentent quelques spécimen :

Raie Manta

Raies mantas

Murène ruban

balibots juvéniles

Et vous, vous avez déjà plongé à Lembongan ou Penida ? Si oui, avez-vous exploré d’autres sites et qu’en avez-vous retenu ? Merci par avance pour vos retours !

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