Les trucs qui agacent (enfin qui m’agacent !)

Nous avons toutes et tous nos préférences, nos choix, nos manies, nos certitudes… et il y a aussi toutes les choses qui nous agacent, nous énervent, nous mettent hors de nous. Que ce soit la soupe froide, le vrombissement du moustique qui nous empêche de dormir pendant la nuit, le bus qui démarre alors qu’on arrive en courant à l’arrêt, la liste peut être longue voire infinie ! Mais dans le cadre de notre activité favorite, il y a quelques trucs qui ont le don de m’agacer (j’essaie de toujours rester zen au maximum), et pour lesquels, en général, il ne sert à rien de vouloir intervenir pour les régler ! Je vous propose donc ce billet, que je souhaite être pris sur le ton de l’humour, mais qui ne doit pas nous empêcher de réfléchir à tous ces petits trucs ! Je vais ici en dresser un liste non exhaustive, sans aucune hiérarchisation, avec juste la volonté de vous faire un peu sourire, je l’espère ! Je suis aussi impatient de connaître aussi les trucs et bidules qui vous énervent !

Je suis, depuis maintenant quelques années, moniteur fédéral à la FFESSM… Un truc qui m’agace, ce sont les moniteurs et monitrices, plongeurs et plongeuses qui dénigrent les autres écoles de plongée, car notre école française de plongée est « la seule qui vaille », les autres n’étant qu’un « repaire d’incapables, avides d’argent, ne sachant pas plonger ». Je suis sûr que vous avez déjà rencontré ce genre de personnes… On pourrait croire que ce comportement déplorable n’existe que dans un sens, mais j’ai aussi été confronté à l’inverse ! (comme quoi les imbéciles existent partout !). En effet, lors d’un voyage en Asie, ma binôme préférée et moi entamons la conversation avec un couple francophone sur le bateau qui nous emmène sur le spot de plongée. Lui, ayant remarqué sur la feuille de palanquée, que j’étais noté comme « Dive Instructor », me fait savoir que lui aussi… Lorsqu’il comprend que je suis moniteur bénévole à la « 2F », il coupe court à la conversation et le couple nous ignore alors sur la journée, et pour le reste du séjour !

Un autre truc, c’est l’accueil qui m’est fait dans un centre de plongée, où j’ai l’impression que je dois presque m’excuser de déranger les moniteurs présents pour leur demander des renseignements pour pouvoir plonger avec eux… On a tous déjà vécu cela… Une fois qu’on a pu briser la glace, on commence à s’équiper et on peut alors observer la sociologie des personnes présentes, et là, ça peut être le festival (je vais dans la suite employer le masculin, mais les personnalités décrites sont indifféremment féminines ou masculines) ! Dans ces personnalités qui m’agacent, on rencontre souvent le « Warrior », on le reconnait à son équipement, digne d’un plongeur de  combat, qu’il prend bien soin de bien étaler afin que tout le monde puisse constater l’excellente qualité de son matériel (le bi-bouteille 2×12 litres, le détendeur spécial « eaux froides genre Antarctique » qui ne givre jamais, le couteau comparable à une machette, entre autres !), alors que la plongée prévue va se dérouler dans 10 mètres d’eau ! On croise aussi les dragueurs « invertébrés » qui viennent « aider » les personnes qu’ils espèrent impressionner, et qui s’arrangent pour les faire figurer dans leur palanquée, tout en s’étonnant à grands renforts d’éclats de voix de la coïncidence en précisant que la plongée va être super (grâce à lui). Le plus cocasse dans cette situation, c’est quand on assiste au fait au fait que le (la) dragué(e) est plus expérimenté(e) et l’annonce au dragueur(euse) !

De même, on croise souvent ce que j’appelle les « Monsieur Plus ». Vous savez, ceux à qui on annonce qu’on va plonger sur l’épave X et qui répliquent : « Ouais, elle est pas mal, mais elle ne vaut pas l’épave du Y ». si on a le malheur de demander de quelle épave il s’agit, c’est bien sûr celle d’un navire coulé en Micronésie orientale, par 55 mètres de fond, sur laquelle il a plongé plusieurs fois, et dont il est sûr que personne à la ronde ne la connaît. Un autre trait de caractère de reconnaissance des « Monsieur Plus » est que sur une plongée que vous avez effectuée et dont vous racontez ce que vous y avez observé, il interviendra dans la conversation en disant que 10 mètres plus bas, il y a un magnifique gorgonocéphale (qu’il est le seul à avoir vu), ou qu’il a réussi à passer 70′ d’immersion sur ce tombant, alors que tout le monde en générale ne parvient à y rester immergé que 40′ en moyenne…

Un autre truc qui m’agace au plus haut point, ce sont les personnes irrespectueuses du staff du centre de plongée, qui ne donnent pas le petit coup de main qui aide tout le monde, bref celles qui prennent les autres pour des larbins… bien que nous pratiquions un sport de sensations personnelles, je trouve toujours super important de « mettre la main à la patte » pour aider à transborder les blocs par exemple (quand on plonge en France), où de montrer un minimum de respect pour le personnel de bord ou du centre de plongée (lorsqu’on plonge en Égypte ou ailleurs). Je suis toujours écœuré de ce type de comportement « colonial » face à des personnes qui se mettent en quatre pour que nous passions des moments inoubliables.

Quand on arrive sur le bateau, vient le moment du briefing du directeur de plongée. Il y a alors toujours un énergumène qui va ostensiblement ne pas prêter attention au brief, au prétexte qu’il connaît le site (eh oui, il a plongé dessus il y a trois ans !), ou bien on va trouver dans l’assistance celui qui va vouloir « gratter » 5 mètres de profondeur ou 10 minutes d’immersion supplémentaires au DP, au prétexte qu’il est un bon plongeur, qu’il consomme peu, et qu’il devrait avoir un traitement de faveur parce que c’est lui. Ou alors, quand le DP annonce que, dès qu’un plongeur signale  70 bar, la palanquée complète entame la remontée tranquillement pour arriver avec 50 bar au palier, il se trouve toujours ce plongeur qui demande pourquoi on n’applique pas la procédure de remontée individuelle pour permettre au reste de la palanquée de continuer l’immersion (comme il l’a vu et vécu lors de ses dernières plongées aux States) et ainsi ne pas s’embarrasser des « boulets » qui consomment trop vite. Bref, vous l’aurez compris, ceux qui ne respectent pas le DP m’énervent !

Il y a encore un autre bidule qui m’agace, c’est le binôme ou le membre de la palanquée qui met « 3 plombes » à s’équiper, « 3 plombes » à se mettre à l’eau et « 3 plombes » à s’immerger… Tout ça, parce qu’il a passé son temps à papoter pendant le  trajet et qu’il se retrouve à la bourre lorsqu’on arrive sur le spot de plongée. De même, il oublie son masque (ou ses palmes quand on va sauter du bateau)….  On peut comprendre qu’un débutant mette du temps pour s’équiper (auquel cas, on l’aide) mais quand on a affaire à des plongeurs expérimentés, c’est incompréhensible ! J’ai même pu noter ce comportement lors de formation Niveau 4 en carrière en hiver, alors que tous les stagiaires sont prêts pour aller nager dans l’eau froide, et que l’ensemble du groupe attend 1 ou 2 plongeurs qui lambinent ! Dans un autre genre, on peut aussi rencontrer des moniteurs qui restent consciencieusement au bord de l’eau et haranguent les malheureux stagiaires qui sortent leurs tripes pour faire un 800 m à la nage dans un temps correct, alors qu’ils seraient mieux dans l’eau pour aider et encourager leurs apprenants (ont-ils oublié qu’ils ont eux-mêmes été stagiaire à une époque  ?).

Ceux qui me connaissent savent que j’aime la convivialité, et que je ne suis pas contre le fait de trinquer au(x) verre(s)s de l’amitié, mais, après les plongées ! Le truc qui n’est pas loin de me mettre hors de moi, c’est de voir ces plongeurs qui prennent l’apéro puis qui s’attachent à ouvrir et finir les bouteilles de vin pendant le repas du midi pris pendant l’intervalle de surface entre la plongée du matin et celle de l’après-midi, sans oublier de prendre une petite rasade de rhum avec le café « pour faire passer le repas ». Sans vouloir passer pour un père la morale, on se met en danger en buvant de l’alcool entre 2 plongées (physiologiquement parlant) et on fait courir un risque aux autres membres de la palanquée. Il ne viendrait à l’idée de personne de faire ça au cours d’une journée de balade en vélo !

Pour finir sur ce petit inventaire, l’absence de remise en question ou ce que j’appelle le « on-a-toujours-fait-de-cette-manière » est un des trucs qui m’énerve ! Chaque pratique évolue, et il convient toujours de se tenir informé, de se maintenir formé, et de se remettre en question. Il n’y a pas si longtemps, je me souviens d’avoir eu dans ma palanquée un plongeur équipé d’une bouée « fenzy ». son unique justification était qu’il avait toujours plongé avec cet équipement, et que ce n’était pas interdit par la réglementation… J’en étais resté coi. Mais le truc qui m’agace au plus haut point, ce qui me pourrit mes journées, ce qui m’empêche de dormir, ce qui me donne des palpitations, c’est bien toutes les personnes sur les réseaux sociaux qui commentent mes articles avec des commentaires définitifs, acerbes, ou condescendants, sans visiblement les avoir lus !

Allez, j’en termine là, Je ne voudrais pas passer pour un aigri. En effet, vous l’aurez bien compris, cet article se veut avant tout humoristique, néanmoins, je suis preneur de vos anecdotes sur les trucs qui vous agacent dans notre beau monde de la plongée ! Merci par avance pour vos retours !

 

6 réflexions au sujet de “Les trucs qui agacent (enfin qui m’agacent !)”

  1. Salut! Fallait que je te le dise…..j’ai bien rigolé en te lisant car certains souvenirs, lointains et proches, ont refait surface…. ces trucs, et tu n’as rien oublié, m’énervent aussi au plus haut point! :))))

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  2. Hello Philippe,

    J’aurais pu écrire cet article tant je me sens en phase avec ce que tu dis. Le titre aussi me fait sourire. Bref, j’adore.
    Cependant, je dois bien reconnaître (sans honte aucune) que suis du genre « lente » et que j’aime prendre le temps (mon temps). Et cela même si je ne plus vraiment une débutante 😉
    Je vais donc régulièrement être dans les dernières à me mettre à l’eau si je plonge du bord. En avertissant mes binômes pour qu’ils/elles ne m’attendent pas inutilement dans l’eau. De toute manière, la plupart du temps… ils/elles le savent et sont dans le même mode que moi. Par contre, s’il y a un timing à respecter (comme pour les dérivantes ou autre plongée qui nécessite un départ à un moment précis), je vais bien sûr être prête dès qu’il le faut.
    Merci pour ce partage

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  3. Bonsoir. Je pense que tous ces comportements se retrouvent dans les autres activités sportives, éducatives, professionnelles, … Ce qui me gène surtout c’est vis-à-vis du bénévolat: j’ai le sentiment que les gens n’évaluent pas suffisamment ce que représente l’investissement du bénévolat, et sont souvent là « pour consommer ». D’où ma principale crainte: la réduction des bénévoles au fil des ans…

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  4. Hello Philippe ! Tu m’as fait bien rire et j’ai envie de dire TOUT PAREIL ! On est loin des clichés car hélas les comportements décrits on les a quasi tous croisés au moins une fois ! Merci pour ces quelques lignes qui m’ont détendu après une journée bien chargée ! Bises et porte toi bien !

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